Procès Tsarnaev: Les derniers secrets du suspect des attentats de Boston

ETATS-UNIS Le procès du seul suspect vivant des attentats de Boston commence ce mercredi...

Nicolas Beunaiche

— 

Photo de Djokhar Tsarnaev publiée le 19 avril 2013.
Photo de Djokhar Tsarnaev publiée le 19 avril 2013. — AP/SIPA

Deux ans après les attentats de Boston qui avaient fait trois morts et plus de 180 blessés, Djokhar Tsarnaev retrouve la une des journaux américains. Seul suspect encore en vie de la tragédie, après la mort de son frère, cet Américain d’origine tchétchène est jugé à partir de mercredi dans la capitale du Massachusetts et enccourt la peine de mort. Durant les trois mois que durera le procès, la justice aura la lourde tâche de déterminer ce qu’il s’est passé en avril 2013 et les mois qui ont précédé l’explosion de deux bombes sur la ligne d’arrivée du marathon. Pour cela, elle devra d’abord percer le mystère Tsarnaev.

Djokhar Tsarnaev était-il un djihadiste? 

Etudiant, sportif, fumeur de marijuana… En 2013, Djokhar Tsarnaev semblait vivre la vie plus ou moins normale d’un Américain de 19 ans. Parfaitement anglophone et naturalisé quelques mois plus tôt, le jeune musulman arrivé aux Etats-Unis à l’âge de 8 ans s’était fait de nombreux amis et semblait s’être adapté à l’American way of life. Mais d’après des témoins, Djokhar Tsarnaev aurait tout de même montré des signes de radicalisation. En mars 2013, il aurait notamment dit qu’il était «bon de mourir en martyr le sourire aux lèvres, une façon d'aller directement au paradis», selon la procureure du procès d’un ami des frères Tsarnaev. Sans compter ce message laissé sur la coque du bateau où il s’était réfugié lors de sa traque: «Quand vous attaquez un musulman, vous vous en prenez à tous les musulmans.»

A-t-il été entraîné vers le terrorisme par son frère Tamerlan?

C’est la ligne de défense que devraient adopter les avocats de Djokhar Tsarnaev: Tamerlan était le conspirateur en chef, et rien ne serait arrivé sans lui. De fait, la radicalisation de ce dernier est documentée. Selon les services secrets russes, il aurait basculé dans l’islam radical en 2010, ce dont ils ont alerté leurs homologues américains. Sa page YouTube, où sont apparues des vidéos de prédicateurs radicaux en 2012, semble accréditer cette thèse. A-t-il alors convaincu son frère, avec qui il vivait en avril 2013, de commettre un attentat avec lui?

Faisaient-ils partie d’un groupe terroriste?

Selon l'accusation, les deux frères Tsarnaev auraient agi en loups solitaires ayant appris à fabriquer leurs bombes sur Internet, à partir d'une revue d'Al-Qaida. Aucun élément ne prouve en effet que les deux frères ont été aidés par un groupe international. Lors des interrogatoires préliminaires, le benjamin de la fratrie a lui-même nié avoir bénéficié de complicités. Mais le voyage en Russie de son frère, durant six mois en 2012, intrigue…

Djokhar Tsarnaev a-t-il délibérément achevé son frère?

D'après le chef de la police de Watertown, dans la banlieue de Boston, Tamerlan Tsarnaev a bien été touché par balles, mais c’est son propre frère qui l’a achevé. Le 19 avril 2013, des échanges de tirs ont lieu entre les frères et les policiers. Une fois l’aîné à court de munitions, les officiers tentent de le menotter, en plein milieu de la rue. C’est alors qu’une voiture noire, conduite par le benjamin, leur fonce dessus. Elle roule sur le corps de Tamerlan et le traîne sur quelques mètres. Pourquoi Djokhar a-t-il agi de la sorte? Le procès devra le préciser.

Les Tsarnaev projetaient-ils d’autres attentats?

Lors de leur fuite, les frères avaient sur eux plusieurs engins explosifs, sans compter une arme de poing et un fusil. Un arsenal qui laisse penser qu’ils ne comptaient pas en rester là. Selon le maire de New York de l’époque, Michael Bloomberg, citant le FBI, leur prochaine cible était Times Square, à Manhattan. Une attaque programmée ou spontanée? A la justice de démêler le vrai du faux.