«Jihadi John» est-il suicidaire?

DJIHADISME C'est ce que laissent penser des courriels échangés avec un journaliste anglais...

C.B.

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Des journaux britanniques montrent en une la photo de "jihadi John", le bourreau de Daesh, le 27 février 2015.
Des journaux britanniques montrent en une la photo de "jihadi John", le bourreau de Daesh, le 27 février 2015. — DANIEL SORABJI / AFP

«Peut-être que je vais avaler toutes les pilules que je peux afin de dormir pour toujours». «Jihadi John», le bourreau de l'ogranisation Etat islamique à l’accent anglais, serait-il suicidaire? Certains courriels qu’il a adressés en 2010 à un journaliste de la publication britannique Mail on Sunday le laissent penser. Dans ces échanges électroniques, l’islamiste ne cache pas sa peur des forces de sécurité anglaises: «Parfois, je me sens comme un homme mort en train de marcher, craignant qu'ils puissent me tuer», écrit-il.

«Jihadi John», de son vrai nom Mohammed Emwazi, fait montre d’une véritable paranoïa à l’égard des agents secrets. Il évoque notamment l’épisode de la vente de son ordinateur portable sur un site en ligne, au cours de laquelle l’acheteur lui aurait dit: «C’est bon de faire des affaires avec vous, Mohamed».

Un tempérament troublé et énervé

Dans son mail adressé au journaliste, Emwazi écrit, tout en majuscules: «JE NE DONNE JAMAIS MON PRENOM! IL ETAIT IMPOSSIBLE POUR LUI DE SAVOIR QUE MOHAMED ETAIT MON PRENOM!!!». Pour «Jihadi John», ça ne fait aucun doute, l’acheteur est forcément un agent des renseignements.

D’une manière générale, les courriels témoignent d’un tempérament troublé et énervé, très loin de la photographie d’Emwazi enfant, en train de grimacer dans une école primaire de Londres. Lorsque «Jihadi John» a contacté le journaliste du Mail on Sunday, il appartenait déjà au réseau des «London Boys Nord», connu pour avoir envoyé des dizaines de djihadistes combattre en Somalie et en Syrie.

Peu de temps après l’envoi de ces courriels, le nom d’Emwazi figure dans des documents judiciaires pour association présumée avec un groupe «impliqués dans la fourniture de fonds et des équipements à la Somalie à des fins liées au terrorisme». Le «North London Boys» ou «London Boys» est suspecté d’avoir été une cellule dormante du réseau d’Oussama Ben Laden. Il est en tout cas implanté dans un quartier ayant la réputation d’être un terreau fertile pour les extrémistes musulmans.