Russie: Hollande dénonce un «odieux assassinat» de l'opposant russe Boris Nemtsov

MONDE L'assassinat de l'opposant russe et ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, tué dans la nuit de vendredi à samedi, suscite de nombreuses réactions...

M.G. avec AFP

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Des bouquets de fleurs ont été déposés à l'endroit où l'opposant russe Boris Nemtsov a été assassiné, le 28 février 2015.
Des bouquets de fleurs ont été déposés à l'endroit où l'opposant russe Boris Nemtsov a été assassiné, le 28 février 2015. — Pavel Golovkin/AP/SIPA

Les réactions sont multipliées, après l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov, dans la nuit de vendredi à samedi en plein centre de Moscou. Boris Nemtsov, 55 ans, avait été premier vice-Premier ministre du président Boris Eltsine à la fin des années 90 pendant un an et demi. Après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, il était devenu l'un des principaux opposants au Kremlin.

Le président français François Hollande a dénoncé ce samedi l'«assassinat odieux» de l'opposant russe et ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, saluant la mémoire d'un «défenseur courageux et inlassable de la démocratie», dans un communiqué publié par l'Elysée.

Le président américain Barack Obama a condamné vendredi le «meurtre brutal» de l'opposant russe Boris Nemtsov, tué par balles en plein Moscou, près du Kremlin et a appelé «le gouvernement russe à rapidement mener une enquête impartiale et transparente». Barack Obama, qui entretient des relations tendues avec son homologue russe Vladimir Poutine, a également réclamé dans un communiqué que les «circonstances du meurtre de Boris Nemtsov» soient élucidées et que les responsables «de ce meurtre odieux soient traduits en justice».

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée «consternée» par le «meurtre lâche» de l'opposant russe et ancien vice-Premier ministre Boris Nemtsov et appelé le dirigeant russe Vladimir Poutine à s'assurer que toute la lumière sera faite.

Le Conseil de l'Europe, par la voix de son secrétaire général Thorbjoern Jagland, s'est également déclaré choqué.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités russes à enquêter sur ce meurtre de «manière impartiale».

L'ancien Premier ministre de Vladimir Poutine Mikhaïl Kassianov, l'un des compagnons de Boris Nemtsov dans l'opposition a estimé que cet assassinat était «le prix à payer pour le fait que Boris s'est battu pendant des années pour que la Russie devienne un pays libre et démocratique». «Au XXIème siècle, en 2015, un chef de l'opposition a été tué sous les murs du Kremlin. Cela dépasse l'imagination», a-t-il déclaré aux journalistes présents sur les lieux.

L'ancien ministre des Finances de Vladimir Poutine Alexei Koudrine, a de son côté qualifié cet assassinat de «terrible tragédie pour tout le pays».

Le président russe, Vladimir Poutine, a pour sa part estimé que ce meurtre portait «les marques d'un meurtre commandité et a(vait) tout d'une provocation», selon son porte-parole Dmitri Peskov.

Le président ukrainien Petro Porochenko a réagi en expliquant que Boris Nemtsov «était un pont entre l'Ukraine et la Russie, et ce pont a été détruit par les coups de feu d'un assassin. Je pense que ce n'est pas par hasard», a écrit le président ukrainien sur son compte Facebook. «Je me souviens de son sourire, de ces actes courageux. C'est l'une de ces rares personnes qu'on peut appeler ami».

Le parti Batkivchtchina de l'ex-Premier ministre Ioulia Timochenko a condamné «le meurtre sauvage» de l'«un des rares démocrates et hommes politiques raisonnables en Russie» qui «n'avait pas peur de critiquer le régime de Vladimir Poutine». Batkivchtchina rappelle que Boris Nemtsov soutenait la pilote ukrainienne et députée de ce parti, Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie et en grève de la faim.

Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien, Olexandre Tourtchino, estime pour sa part que «la Russie a perdu une personnalité éminente qui se refusait à vivre à genoux», comme il l'a écrit sur son compte Twitter.