L'élection présidentielle annulée

TURQUIE Des législatives anticipées devraient avoir lieu prochainement...

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Plus d'un million de personnes, selon des sources policières, arborant drapeaux et portraits du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, défilaient dans la paix à Istanbul pour défendre les principes laïques de la République et la démocratie.
Plus d'un million de personnes, selon des sources policières, arborant drapeaux et portraits du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, défilaient dans la paix à Istanbul pour défendre les principes laïques de la République et la démocratie. — Hocine Zaourar AFP

La Cour constitutionnelle a annulé mardi le premier tour de l'élection présidentielle qui avait provoqué une crise entre l'armée et le gouvernement en Turquie, a annoncé son vice-président Hasim Kiliç.
    
La cour a statué en faveur d'un recours du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), par neuf voix contre deux, jugeant que la séance électorale au parlement nécessitait 367 députés (sur 550) pour être ouverte.
    
Vendredi dernier, au premier tour de vote, 361 députés étaient présents dans la salle. Le CHP boycottait la séance.
    
Sur ces 361, 357 ont voté pour l'unique candidat, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül, désigné par le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir.
    
«Maintenant c'est à la grande Assemblée nationale de Turquie (Parlement) de décider de la suite», a indiqué Hasim Kiliç aux journalistes. Le scrutin étant invalidé, pour la première fois de l'histoire de la Turquie moderne, l'hypothèse la plus probable semble maintenant l'annonce par le gouvernement d'élections législatives anticipées. D’ores et déjà, le gouvernement s’est dit prêt à des élections législatives anticipées, a d’ailleurs déclaré le porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek.
    
Au soir du premier tour vendredi, l'armée a accusé en termes très durs le gouvernement islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002, de ne pas défendre les principes laïques et a rappelé qu'elle était prête à le faire elle-même. Le gouvernement a riposté sèchement, rappelant à l'ordre les militaires, qui ont fait tomber quatre gouvernements en 50 ans.