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DIPLOMATIEPlus de 20 ans après la bataille de Mogadiscio, Washington nomme un ambassadeur en Somalie

Plus de 20 ans après la bataille de Mogadiscio, Washington nomme un ambassadeur en Somalie

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Selon Barack Obama, il s'agit d'une nomination «historique»...
Des véhicules de police dans une rue de Mogadiscio, le 22 janvier 2015 en Somalie
Des véhicules de police dans une rue de Mogadiscio, le 22 janvier 2015 en Somalie - Mohamed Abdiwahab AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Une page se tourne. Les Etats-Unis ont nommé un ambassadeur en Somalie, une première pour Washington depuis un quart de siècle dans ce pays qui peine à se redresser après des décennies de conflit, a annoncé mardi soir la diplomatie américaine.

Le président Barack Obama a désigné «Katherine S. Dhanani pour servir comme premier ambassadeur des Etats-Unis en Somalie depuis 1991», une «nomination historique» qui devra toutefois être confirmée par le Sénat américain, selon un communiqué du département d'Etat.

Mission pilotée depuis le Kenya

Washington n'ouvrira pas pour autant dans l'immédiat une ambassade à Mogadiscio et Mme Dhanani pilotera la représentation des Etats-Unis en Somalie depuis l'ambassade américaine de Nairobi au Kenya, a précisé le ministère américain des Affaires étrangères.

«Nous avons hâte d'accroître notre présence diplomatique en Somalie jusqu'à ouvrir une ambassade à Mogadiscio, si les conditions de sécurité le permettent», selon le département d'Etat.

La décision de nommer un ambassadeur, qui avait été dévoilée en juin dernier, est un signe de «l'approfondissement de la relation entre les Etats-Unis et la Somalie» et des «progrès du peuple somalien pour se sortir de décennies de conflit», a relevé Washington, réclamant «un travail encore considérable pour que la Somalie achève sa transition vers une nation en paix, démocratique et prospère».

Affrontements depuis 1991

Ce pays d'Afrique de l'Est est privé de réelle autorité centrale depuis la chute du régime autoritaire du président Siad Barre en 1991. Il est depuis en état permanent de guerre civile, livré aux milices de chefs de guerre, aux gangs criminels et aux groupes islamistes.

Les shebab, des islamistes armés liés à Al-Qaïda, restent en outre la principale menace pour la paix en Somalie où les premières élections multi-partites au suffrage universel depuis plus de 40 ans sont prévues en 2016.La communauté internationale, Etats-Unis en tête, tient à bout de bras le pays dirigé par le président Hassan Cheikh Mohamoud qui a toutefois déçu ses partisans. Ce dernier avait été reçu en janvier 2013 à la Maison Blanche par le président Barack Obama à l'occasion de la première reconnaissance américaine d'un gouvernement somalien depuis 1991.

Les Etats-Unis restent très marqués par l'échec de leur intervention militaire et humanitaire en Somalie sous pavillon de l'ONU au début des années 1990 et notamment par le sinistre «Black Hawk Down» du 3 octobre 1993, la bataille de Mogadiscio au cours de laquelle des hélicoptères américains furent abattus et 18 soldats tués.

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