Twitter suspend un compte attribué au groupe terroriste nigérian Boko Haram

TERRORISME En deux semaines, 5.000 personnes s’étaient abonnés à ce compte Twitter…

Vincent Vantighem

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Capture d'écran d'une vidéo du chef de Boko Haram Abubakar Shekau, diffusée le 17 février 2015, dans laquelle il promet d'empêcher la tenue des prochaines élections au Nigeria
Capture d'écran d'une vidéo du chef de Boko Haram Abubakar Shekau, diffusée le 17 février 2015, dans laquelle il promet d'empêcher la tenue des prochaines élections au Nigeria — - Boko Haram

Bernard Cazeneuve ne cesse de le répéter: La lutte contre le terrorisme passe aussi par les réseaux sociaux. Twitter a saisi le message. Le réseau social de micro-blogging a suspendu, mardi, un compte attribué au groupe terroriste nigérian Boko Haram.

>> Cazeneuve en appelle aux géants de l'Internet pour lutter contre le terrorisme

Créé le 1er février et actif depuis le 8, le compte avait quelque 5.000 abonnés à sa fermeture. Il avait posté sur son fil une vingtaine de tweets, rédigés en arabe et en anglais, ainsi qu'un message en français.

Un tournant dans la communication de Boko Haram

Le groupe armé y avait notamment diffusé le 17 février une vidéo de son leader Abubakar Shekau, dans laquelle ce dernier promettait d'empêcher la tenue des élections présidentielle et législatives le 28 mars au Nigeria.

Ce compte Twitter symbolisait un tournant dans la communication de Boko Haram, marquant une rupture avec les vidéos de mauvaise qualité auparavant transmises aux médias par CD-Rom ou clé USB. Les films et les photos y étaient d'une qualité nettement supérieure, s'apparentant davantage aux codes des djihadistes de l'organisation État islamique (EI).

13.000 morts depuis 2009

Selon les observateurs du compte attribué à Boko Haram, la plupart des retweets provenaient de sympathisants connus de l'EI.

Depuis 2009, l'insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria, essentiellement dans le nord-est du pays, où le groupe extrémiste s'est emparé de plusieurs localités.