Les trois adolescentes sous l'oeil des caméras de surveillance de l'aéroport.
Les trois adolescentes sous l'oeil des caméras de surveillance de l'aéroport. — Capture d'écran

MONDE

Le départ de trois adolescentes pour la Syrie ébranle le Royaume-Uni

Mardi 17 février, trois adolescentes du Royaume-Uni ont embarqué à bord d’un avion, direction Istanbul pour probablement rejoindre la Syrie…

Une semaine après l’envol de trois adolescentes pour la Turquie, avec probablement l’objectif de rejoindre la Syrie, le Royaume-Uni reste sous le choc.

De Londres à Istanbul

Le mardi 17 février, Kadiza Sultana (16 ans), Shamima Begum et Amira Abase (15 ans), trois amies et élèves de la Bethnal Green Academy, quittent leur domicile. Aperçues sur les caméras de surveillance de l’aéroport de Gatwick, ces adolescentes, considérées comme des filles de «bonne famille» selon les médias anglais, embarquent avec la compagnie Turkish Airlines pour Istanbul. Depuis, elles se sont volatilisées.

Lundi, lors de la rentrée, professeurs et camarades ont repris le chemin de l’école le cœur lourd, selon le communiqué publié sur le site de l’établissement.

Le désespoir des familles

Quatre jours après leur départ, les familles ont multiplié les appels, demandant leurs retours. «Tu es forte, intelligente, belle, et nous espérons que tu prendras la bonne décision. S'il te plaît rentre à la maison», ont par exemple lancé les proches d’Amira Abase. De son côté, la famille de Begum avertissait son enfant que la «Syrie était un endroit dangereux». «Nous comprenons que tu veuilles aider ceux dont tu crois qu'ils souffrent en Syrie. Tu peux les aider depuis chez toi, tu n'as pas besoin de te mettre en danger.»

La Turquie regrette des ratés dans l’enquête

Le responsable des services antiterroristes de Scotland Yard, Richard Walton, s'est dit «extrêmement préoccupé» par le sort de ces trois adolescentes, pointant avec inquiétude la «tendance croissante» des jeunes femmes attirées par les djihadistes du groupe État islamique. En décembre, une de leurs amies avait rejoint la Syrie pour se marier avec un combattant de Daesh. Les policiers avaient à l'époque interrogé les trois adolescentes, soutenant qu’à ce moment précis, rien ne laisser présager d’une quelconque radicalisation de leur part, selon le site du Daily Mail.

Côté enquête, plusieurs officiers britanniques ont été envoyés en Turquie. Le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç a jugé regrettable, lundi soir, que le Royaume-Uni ait laissé ces trois jeunes filles quitter tranquillement l'aéroport pour aller à Istanbul et «qu'elle ne nous ait donné l'information que trois jours plus tard». 

Une radicalisation dans les chambres, pas sur les lieux de culte

Une nouvelle fois, avec cette affaire, les réseaux sociaux sont pointés du doigt. L’une des trois jeunes filles aurait été en contact sur Twitter avec Aqsa Mahmood, qui a quitté Glasgow en novembre 2013 pour la Syrie et est depuis soupçonnée d'essayer de faire des émules.

Pour Sayeeda Warsi, ex-secrétaire d'État au ministère britannique des Affaires étrangères, «il devient évident que les gens ne sont pas radicalisés dans les lieux de culte mais dans leurs chambres en surfant sur internet». «L'une des choses pour lesquelles l'Etat islamique est incroyablement doué est l'utilisation d'internet et des réseaux sociaux pour diffuser sa propagande», a ajouté sur la chaîne Sky News, cette musulmane qui avait claqué la porte du gouvernement, pour protester contre la politique sur Gaza.