Aide aux plus pauvres, lutte contre la fraude fiscale... Tout savoir sur les engagements de la Grèce

ECONOMIE Le gouvernement grec a rendu public, ce mardi, la liste d’engagements qu’il a transmise à Bruxelles…

Vincent Vantighem

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras au Parlement à Athènes le 18 février 2015
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras au Parlement à Athènes le 18 février 2015 — Louisa Gouliamaki AFP

A retenir parmi les promesses grecques:

  • Les plus pauvres vont recevoir 1,8 milliard d'euros d'aides
  • La collecte de l'impôt va être améliorée, les grandes fortunes visées
  • Le gouvernement va être soumis à un plan d'économies
  • Le montant du salaire minimum sera discuté avec les instances internationales

Elle est arrivée «à temps» s’est félicité un porte-parole de la Commission européenne. La liste d’engagements du gouvernement grec a été transmise dans la nuit de lundi à mardi à la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire internationale qui forment la «troïka».

Dans ce document de six pages, le nouveau gouvernement grec donne des indications sur les réformes qu’il compte engager pour redresser le pays. L’enjeu est énorme: si cette liste de réformes n’est pas validée, le programme d’aide –qui se termine normalement le 28 février– ne pourra être prolongé de quatre mois, faisant craindre une faillite. 20 Minutes dresse la liste des promesses…

  • Des mesures «humanitaires» pour les plus pauvres

C’est le point final de la fameuse liste du gouvernement grec. Sur la toute dernière page du document, les autorités athéniennes annoncent une série de mesures humanitaires afin de «répondre aux besoins liés à la progression de la grande pauvreté grâce à l’accès à la nourriture, à un logement, aux soins». Sur CNN, Yanis Varoufakis, le ministre grec des Finances avait détaillé ces mesures en annonçant la fourniture d’électricité gratuite à 300.000 familles dans le besoin ainsi que la distribution de coupons d’aides alimentaires et de transports. Des dépenses évaluées par Syriza à 1,8 milliard d’euros, selon France Info.

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  • La lutte contre l’évasion et la fraude fiscale

Cinq ans que Bruxelles le réclame… Alors que ni les socialistes du Pasok, ni les conservateurs de Nouvelle Démocratie n’avaient osé s’attaquer à la fraude fiscale, le parti Syriza a décidé de s’y atteler. Dans sa série de promesses, le gouvernement grec prévoit en effet de moderniser son administration fiscale afin de faciliter la collecte des impôts en informatisant les déclarations. Sans entrer dans le détail, Syriza laisse entendre qu’ils pourraient également s’attaquer aux grandes fortunes dont certaines, à l’instar de l’Eglise orthodoxe, échappent encore à l’impôt.

>> Eclairage: Eglise et Etat exploitent la grande fortune

  • Le gouvernement va se serrer la ceinture

De seize, le nombre de ministères grecs devrait passer à dix afin de réaliser des économies. Nombre de «conseillers spéciaux», frais des députés: Syriza s’engage dans un vaste plan d’économies afin de dégager des marges de manœuvre. Se faisant, la corruption est également dans le viseur des hommes d’Alexis Tsipras, d’après le quotidien Le Monde qui précise que la «réglementation en matière de financement des partis politiques» pourrait être revue. Au passage, Syriza s’engage également à ne pas revenir sur les privatisations qui ont été effectuées sous la pression de Bruxelles.

  •  Avancée timide sur un salaire minimum

C’était la promesse de campagne. Mais contrairement aux engagements pris devant les Grecs, Alexis Tsipras ne donne cette fois-ci aucun chiffre. En campagne pour décrocher le pouvoir à Athènes, le leader de Syriza avait promis un salaire minimum de 751 euros à partir de 2016. Dans le document transmis à Bruxelles, il s’engage prudemment «à une approche intelligente de la négociation collective sur les salaires». Le montant et le calendrier de mise en application seront «décidés en concertation avec les institutions européennes et internationales».

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