La Turquie critique Londres dans l'affaire des trois adolescentes parties pour la Syrie

DJIHADISME «Nous n'avons pas reçu d’informations précises de la part de la Grande-Bretagne et de son célèbre Scotland Yard », regrette Bülent Arinç, le vice-Premier ministre turc…

20 Minutes avec AFP

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La police britannique a diffusé des photos des trois adolescentes, alors qu'elles s'apprêtaient à prendre l'avion à l'aéroport de Gatwick, mardi 17 février.
La police britannique a diffusé des photos des trois adolescentes, alors qu'elles s'apprêtaient à prendre l'avion à l'aéroport de Gatwick, mardi 17 février. — Capture d'écran ./ Twitter

La Turquie a reproché au Royaume-Uni d'avoir tardé à l'informer des trois adolescentes recherchées depuis leur départ de Londres et leur arrivée la semaine dernière à Istanbul dans l'intention probable de rejoindre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie.

«Il est regrettable que le Royaume-Uni ait laissé ces trois jeunes filles quitter tranquillement l'aéroport d'Heathrow pour aller à Istanbul (...) et qu'elle ne nous ait donné l'information que trois jours plus tard», a déploré lundi soir le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç en rendant compte à la presse du conseil des ministres.

«La Turquie ne peut pas être tenue responsable»

Les trois adolescentes, Shamima Begum, 15 ans, Kadiza Sultana, 16 ans, et Amira Abase, 15 ans, ont quitté Londres le 17 février à bord d'un avion à destination d'Istanbul. Leurs familles ont donné l'alerte aux autorités britanniques, craignant qu'elles ne tentent de rallier le territoire syrien depuis la Turquie pour rejoindre le groupe EI. «Nous continuons à les rechercher activement à cet instant. Il est évident que la Turquie ne peut pas être tenue responsable» de la situation, a jugé Bülent Arinç.

«Nous avons accueilli l'an dernier 36 millions de touristes, il faut donc que nous ayons des informations des pays d'origine. Nous n'avons pas reçu ces informations précises de la part de la Grande-Bretagne et de son célèbre Scotland Yard», a-t-il regretté, ironique. La Turquie constitue le principal point d'entrée vers la Syrie des milliers d'apprentis djihadistes venus du monde entier, notamment d'Europe, avec l'intention de rejoindre le groupe EI sur le territoire syrien.

Le gouvernement islamo-conservateur turc a longtemps été accusé d'avoir soutenu les rebelles les plus radicaux en guerre contre le régime du président Bachar al-Assad, y compris l'EI, ce qu'il a toujours fermement nié. Ankara a annoncé l'automne dernier avoir renforcé les contrôles à ses frontières pour démanteler les réseaux de recrutement djihadistes mais rend systématiquement les pays d'origine des militants radicaux responsables de la situation.