Scandale dans le métro de Madrid après un appel au contrôle des homosexuels

HOMOPHOBIE Un document interne appelait à contrôler plus volontiers musiciens, mendiants et homosexuels...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: une station du métro de Madrid.
Illustration: une station du métro de Madrid. — Jeff Blackler/REX/REX/SIPA

Ça la fout mal. La direction du métro de Madrid a ouvert une enquête après la découverte d'un document interne invitant les vigiles à contrôler en particuliers homosexuels, mendiants ou musiciens, a indiqué jeudi l'entreprise publique. «Une enquête interne a été ouverte par la direction dès qu'elle a pris connaissance de ce document», a déclaré à l'AFP une porte-parole du Métro de Madrid.

Des excuses personnelles lundi

«C'est lamentable et nous allons prendre une série de mesures pour identifier les responsables», a-t-elle ajouté, précisant que le directeur général du métro rencontrerait lundi les associations de défense des homosexuels pour «présenter personnellement des excuses».

«Une personne a été identifiée. Une procédure disciplinaire va être ouverte à son encontre». «Ce n'est pas un document officiel. C'est un courrier d'un employé qui l'a envoyé à l'entreprise de sécurité», a-t-elle assuré. «Nous voulons savoir qui sont les supérieurs hiérarchiques qui n'ont pas vu (ce document) ou qui ont donné leur accord» pour sa diffusion, a-t-elle dit.

Document (non?) officiel

Mais pour le syndicat UGT, il s'agit bien «d'un document officiel» figurant parmi les feuilles de route fournies aux agents de sécurité. «Ce sont des documents internes envoyés aux groupes de sécurité pour préciser leur parcours et qu'ils demandent leurs billets aux musiciens, aux mendiants et aux homosexuels», a assuré Teodoro Pinuela, un porte-parole de l'UGT-Madrid pour les transports. «Les agents s'y sont opposés fermement parce qu'ils doivent contrôler tout le monde. Et pourquoi pas les nonnes et les curés?».

Le collectif des Lesbiennes, Gays, Transexuels et Bisexuels de Madrid (Cogam) a exprimé sa «surprise et son indignation» face à ces consignes portant atteinte «à l'égalité reconnue dans la Constitution et invitant les contrôleurs du métro de Madrid à adopter des comportements homophobes».