Turquie: Un nouveau meurtre de femme nourrit l'indignation

DROIT DES FEMMES Une femme a été tuée par son mari, alors que le pays est déjà indigné par le meurtre sauvage d'une étudiante par trois hommes...

20 Minutes avec AFP

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Manifestation à Ankara le 16 février 2015 après le meurtre d'une étudiante.
Manifestation à Ankara le 16 février 2015 après le meurtre d'une étudiante. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Un nouveau meurtre d'une femme par son mari a défrayé jeudi la chronique en Turquie, quelques jours après la mort d'une étudiante qui a provoqué une vague d'indignation dans tout le pays contre les violences faites aux femmes.

Un homme de 43 ans, Tahir Kart, a été arrêté mercredi par la police pour le meurtre de son épouse, dont le corps découpé en morceaux a été retrouvé dans une poubelle d'un quartier d'Istanbul, selon l'agence de presse Dogan. Le tueur présumé, atteint de schizophrénie, avait lui-même signalé la «disparition» de sa femme aux forces de l'ordre, avant de passer ensuite aux aveux en expliquant l'avoir poignardée «dans un accès de rage», a rapporté Dogan.

Le gouvernement mis en cause

Cette affaire survient moins d'une semaine après la découverte dans la région de Mersin du cadavre d'une étudiante de 20 ans, Özgecan Aslan, violée, assassinée et brûlée par trois hommes. Le meurtre d'Özgecan a provoqué une vague d'indignation et de protestation sans précédent dans le pays. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les grandes villes de Turquie pour marquer leur indignation face aux violences faites aux femmes.

Mercredi encore, quelque 15.000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale régionale, Mersin. Mis en cause, le gouvernement a promis de punir «le plus sévèrement possible» les auteurs des faits mais a exclu un rétablissement de la peine de mort, évoqué par certains ministres.

Erdogan contre les féministes

Malgré ces promesses, l'opposition et les mouvements féministes reprochent au président Recep Tayyip Erdogan et aux membres de son parti, au pouvoir depuis 2002, d'entretenir les violences contre les femmes par leurs préjugés religieux. Mardi encore, Erdogan a assuré que les féministes n'avaient «rien à faire avec notre religion et notre civilisation».

Mercredi, un des députés de son parti, Ismet Uçma, a mis en cause les séries télévisées. «Vous ne fixez aucune limite et après vous vous plaignez de la recrudescence des viols. Qu'est-ce que vous espérez? Qui sème le vent récolte la tempête», a-t-il dit au Parlement.