Etats-Unis: De l'utilisation des réseaux sociaux pour combattre les djihadistes

TERRORISME La campagne «Think again, Turn away» tente de décrédibiliser Daesh et les autres groupements terroristes...

20 Minutes avec agence

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Le logo de Twitter.
Le logo de Twitter. — SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Pour faire face aux 90.000 tweets quotidiens de l'organisation de Etat islamique (EI) et de ses groupes terroristes associés, les Etats-Unis ont lancé, dès janvier, une campagne de lutte contre le cyberterrorisme baptisée «Think Again, Turn Away».

Selon le New York Times, la campagne, pilotée par le Centre du département d'État pour les communications stratégiques antiterroristes (CSCC), vise à contrecarrer la propagande terroriste et sa prolifération sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Reddit, YouTube, etc.), mais aussi à amoindrir la notoriété virale des groupes islamistes radicaux en les décrédibilisant.

Coalition sur le Web

Pour ce faire, le CSCC, avec l'aide du Pentagone et du Département de la sécurité intérieure, joue des mêmes canaux que les groupes terroristes. Il compile et relaye les messages publiés sur la Toile des pays étrangers, des ONG ou encore des leaders d'opinion et des institutions académiques musulmanes, farouchement opposées à l'EI. Objectif: s'appuyer sur la crédibilité de ces acteurs mondiaux qui bénéficient d'une audience plus large que celle du gouvernement américain.

Des tweets aux djihadistes

Mais le Centre va même, selon Le Figaro, jusqu'à répondre directement aux djihadistes sur Twitter en postant des vidéos. Et de tweeter une vidéo mettant en scène un rappeur allemand parti faire le djihad en Syrie. Le rappeur se promène sur le champ de bataille comme s'il s'agissait d'un jeu, lançant «Ce n'est pas un film d'horreur ici! (...) On sait aussi s'amuser!». Avant de finir gisant dans son sang. Des posts à chaque fois suivis du même couplet: «Think again. Turn away».

Mais, Daesh s'est bien rendu compte de l'offensive digitale du gouvernement américain. Ainsi, l'organisation terroriste, qui a demandé, dans un manuel à destination des djihadistes, de ne pas révéler trop d'informations stratégiques sur les réseaux sociaux, poursuit son combat viral en créant chaque jour des milliers de nouveaux profils sur le Web.