Nigeria: Lourdes pertes pour Boko Haram qui continue ses attaques

MONDE Un millier d'hommes présentés comme des miliciens de Boko Haram sont détenus au Cameroun...  

Maud Pierron
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Manifestation anti-Boko Haram, le 17 février 2015 à Niamey
Manifestation anti-Boko Haram, le 17 février 2015 à Niamey — Boureima Hama AFP

Des milliers de personnes ont manifesté mardi au Niger contre Boko Haram, dont les assauts ne semblent pas faiblir dans la région du Lac Tchad malgré la coalition régionale mise en place contre le groupe islamiste armée nigérian.

«Le Niger sera le tombeau de Boko Haram», a martialement déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou devant des milliers de personnes à Niamey, qui ont défilé à l'appel de la coalition au pouvoir, alors que le sud-est du pays, frontalier du Nigeria, a été la cible de plusieurs attaques sanglantes de Boko Haram depuis début février.

La veille de ces rassemblements inédits dans plusieurs villes du Niger, les islamistes nigérians ont provoqué une «série d'accrochages» avec l'armée dans l'extrême-nord du Cameroun qui ont fait cinq morts parmi les soldats camerounais et 86 morts parmi les miliciens de Boko Haram. Dans différents combats au Niger, il y a eu lundi 200 morts côté Boko Haram pour 7 tués parmi les forces de sécurité.

1.000 combattants liés à Al-Qaida détenus

Les autorités camerounaises ont affirmé lundi détenir à Maroua (nord) «plus de 1.000» combattants suspectés d'être liés à Boko Haram, tandis que la police nigérienne faisait état le même jour de 160 suspects arrêtés dans la région de Diffa, et plusieurs dizaines d'autres interpellées à Zinder, à 400 km de là, où 10.000 habitants de Diffa ont fui, selon les autorités locales.

Lundi, les pays d'Afrique Centrale, réunis à Yaoundé pour élaborer une stratégie de lutte contre Boko Haram, se sont engagés à apporter une «aide d'urgence» d'un montant de 50 milliards de francs CFA (75 millions d'euros) ainsi que des soutiens en «troupes», en «équipements militaires» et des «appuis aériens» aux pays qui combattent Boko Haram.

Le 7 février, les pays de la région, déjà réunis à Yaoundé, s'étaient engagés à mobiliser 8.700 hommes dans une force multinationale contre le groupe islamiste.