Grèce: Réunion de l'Eurogroupe lundi pour trouver une solution à la dette du pays

Dette Demain, les Grecs comptent bien reprendre la main sur la gestion de leur dette. Le bras de fer avec l'Eurogroupe s'annonce rude...

Victor Point

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Un manifestant grec arborant un masque qui représente le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaeuble, dénonce l'austérité lors d'un rassemblement devant le Parlement à Athènes le 15 février 2015
Un manifestant grec arborant un masque qui représente le ministre allemand des Finances Wolfgang Schaeuble, dénonce l'austérité lors d'un rassemblement devant le Parlement à Athènes le 15 février 2015 — Angelos Tzortzinis AFP

D'un côté, un gouvernement d'extrême-gauche, amené au pouvoir sur la promesse d'en finir avec l'austérité imposée à un pays au bord du défaut de paiement. De l'autre, les 18 membres restants de l'Eurogroupe, qui veulent s'assurer que les réformes requises à la Grèce dans le cadre du deuxième «plan d'aide» (accordé à partir de 2012, donc avant les élections grecques) finissent bien par être mises en place. En apparence, deux positions inconciliables. Mais il faudra bien trouver un terrain d'entente demain pour éviter ce que toutes les parties redoutent: une sortie de la Grèce de la zone euro.

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C'est en effet ce lundi que les 19 ministres des Finances des gouvernements de la zone euro se réunissent sur cette question grecque. Alexis Tsipras, le nouveau Premier ministre du pays, refuse toute prolongation du plan d'aide actuel et des mesures qui vont avec, et l'a bien fait comprendre lors de la précédente réunion de l'Eurogroupe sur le sujet, mercredi 11 février. Alors que les 19 parties, dont le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, étaient sur le point de trouver, après 7 heures de réunion, un «programme de travail», selon les mots du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, un long coup de fil de dernière minute entre Tsipras et son ministre a tout fait capoter.

Le risque de faire défaut

Tout reste donc à faire. Les Grecs et les Européens vont en tout cas discuter autour d'un même axe: la renégociation du plan d'aide actuel. Celui-ci est un contrat passé entre Athènes et ses créanciers (essentiellement les autres membres de l'UE, le FMI et la Banque centrale européenne) qui prévoit l'octroi de 130 milliards d'euros (ce qui porte le total des promesses d'aide à 240 milliards d'euros) de crédits en échange d'un long programme de réformes. Le plan s'achevant le 28 février, il est urgent de conclure au moins à son extension, sans quoi la Grèce, qui doit rembourser plusieurs milliards dès ce printemps, risque de faire défaut et, à terme, de sortir de la zone euro.

En effet, le pays doit encore faire face à une dette énorme (320 milliards d'euros, soit 175% du PIB) et ne veut plus d'un plan négocié par le gouvernement précédent et accusé d'asphyxier l'économie - le chômage dépasse encore les 25%. La Grèce semble certes résolue aux réformes, mais uniquement dans le cadre d'un programme nouveau dont elle aurait la maîtrise. Et Athènes a d'ailleurs reçu ce dimanche le soutien inattendu de... Georges Papandréou, qui n'est autre que le Premier ministre grec qui avait accepté que son pays soit mis sous programme d'assistance en 2010. Ce dernier a écrit à tous les dirigeants de l'UE pour leur demander de «trouver un accord mutuellement profitable», en rappelant tous les efforts consentis par le peuple grec ces dernières années. Ce n'est pas le seul soutien qu'ait reçu le gouvernement Tsipras: ce dimanche, environ 20.000 personnes ont manifesté en Grèce. Il y a aussi eu des rassemblements à Marseille, Paris, ou Rome samedi.

«Notre position, fondée sur la logique, est forte, et conduira à un accord, même à la dernière minute voire après la dernière minute», a déclaré, confiant, dans une interview au quotidien Kathimerini ce dimanche, le ministre des Finances, Yanis Varoufakis. De leur côté, les autres pays de la zone euro semblent être pour l'instant sur une ligne inflexible, n'envisageant que l'extension du programme en cours, avec quelques ajustements de réformes à la marge. Mais ils ont aussi beaucoup à perdre si aucun accord n'était conclu rapidement: une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait provoquer un effet domino sur d'autres pays à l'économie fragile, comme le Portugal, l'Italie ou l'Espagne.