Crise en Ukraine: A Minsk, un sommet crucial pour la paix à l'issue très incertaine

CONFLIT François Hollande, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko se retrouvent ce mercredi soir pour une «réunion de la dernière chance» visant à régler la crise qui dure depuis dix mois et a fait plus de 5.300 morts...

B.D. avec AFP
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Des séparatistes prorusses inspectent des véhicules touchés par des tirs d'artillerie, le 11 février 2015 à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine
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Des séparatistes prorusses inspectent des véhicules touchés par des tirs d'artillerie, le 11 février 2015 à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine — Vasily Maximov AFP

«Tout essayer jusqu'au bout.» C’est, selon l’Elysée, dans cet état d’esprit que doivent se rendre ce mercredi à Minsk, en Biélorussie,  François Hollande et Angela Merkel, pour participer à une réunion de la dernière chance avec les présidents russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Petro Porochenko, pour régler la crise dans l’est de l’Ukraine, qui dure depuis dix mois et a déjà fait plus de 5.300 morts.

Il s’agit selon Petro Porochenko de «l'une des dernières chances d'instaurer un cessez-le-feu inconditionnel et un retrait des armes lourdes». Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a précisé ce mercredi matin sur France Inter que les «deux objectifs» de la réunion de mercredi étaient d’«obtenir un accord et que cet accord soit traduit sur le terrain».

Négociations difficiles

Dans cette optique, ce mini-sommet a été précédé par d'intenses consultations diplomatiques entre Européens, Russes et Ukrainiens pour élaborer une matrice au plan de paix que les quatre puissances doivent négocier ce mercredi soir.

Après la présentation la semaine dernière par le couple franco-allemand de son initiative de paix «de la dernière chance», jeudi à Petro Porochenko puis vendredi à Vladimir Poutine, les négociateurs ont poursuivi leurs travaux tout le week-end et en début de semaine.

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Mais les négociations, difficiles, sur ce plan de paix européen, qui n'a pas été dévoilé, achoppent toujours sur plusieurs sujets : « statut des territoires » conquis par les séparatistes (fédération ou simple «décentralisation»?), « contrôle des frontières » par lesquelles hommes et matériels transitent, selon les Occidentaux, de Russie vers le Donbass, «retrait des armes lourdes » … Même si les négociateurs ont réussi mardi à obtenir «un texte unique, un texte consolidé». Des «progrès notables» ont été faits, a confirmé ce mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.


«Une lueur d'espoir, mais rien de plus»

Lundi, le sommet de Minsk a été précédé par une réunion d'experts à Berlin et une rencontre du «Groupe de contact» (représentants russes, ukrainiens et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, OSCE), mardi, où les séparatistes prorusses ont soumis leurs propositions de règlement «politique et militaire» du conflit aux Ukrainiens. Les deux parties doivent se rencontrer de nouveau ce mercredi.

Et, selon l'émissaire de la république autoproclamée de Donetsk, Denis Pouchiline, qui n'a pas précisé le contenu de ces propositions, il est «trop tôt pour parler d'un cessez-le-feu». Les craintes sont en effet grandes de voir échouer la réunion de ce mercredi soir, comme l’a rappelé le porte-parole d’Angela Merkel ce mercredi, soulignant que le sommet de Minsk «signifie une lueur d'espoir, mais rien de plus», tant il est «incertain qu'un résultat puisse être obtenu».

Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, s’est lui inquiété du risque de voir les belligérants saboter le sommet, alors que les violences sont à leur summum dans l'est de l'Ukraine, faisant au moins 47 morts -soldats, rebelles et civils- lors des dernières 24 heures. Mais la Maison Blanche a prévenu: en cas d’échec, Moscou doit s’attendre à des conséquences, alors que Barack Obama n’a pas «encore pris de décision» concernant la livraison d'armes réclamées par Kiev. Sur la même ligne, le Royaume-Uni a indiqué mardi qu’il «se réserve le droit» de revoir sa position quant à l’armement des forces ukrainiennes.