Japon: Les lycéennes passent 7h par jour sur leur smartphone

SOCIETE Une enquête de la société Digital Arts révèle que les lycéennes japonaises passent près d'un tiers de leur journée devant leur écran mobile...

20 Minutes avec agences

— 

Des utilisatrices de smartphones dans un centre commerciale en Asie.
Des utilisatrices de smartphones dans un centre commerciale en Asie. — Nicolas Asfouri AFP

Les lycéennes japonaises passeraient près d'un tiers de leur quotidien à lire, à écrire, à jouer ou à regarder des vidéos sur leur smartphone. Voici ce que révèle une récente enquête de la société privée nippone Digital Arts.

Fondée sur un échantillon de 695 mineurs d'école primaire, de collège ou de lycée, l'enquête conclut que les adolescentes de 15 à 18 ans sont les plus accros à leur sacro-saint smartphone. Ce sont elles, en effet, qui y consacreraient le plus de temps: sept heures journalières en moyenne, contre 4,1 heures pour les garçons du même âge et moins de deux heures pour les écoliers et collégiens.

L'appli Line et les jeux ensuite

Les lycéennes, dont le taux de possession d'un smartphone dépasse 98% (contre une moyenne de 65% pour les 10-18 ans des deux sexes), utiliseraient surtout l'application de messagerie instantanée Line qui permet de dialoguer en temps réel et de façon ludique avec leurs copines. Les jeux arrivent ensuite en bonne place, de même que le visionnage de vidéos.

Cette enquête corrobore d'autres données qui conduisent des médecins à mettre en garde contre les risques d'addiction et autres troubles comportementaux. L'an passé, une vaste étude du ministère japonais de l'Education a montré que plus les élèves passaient de temps les yeux rivés sur l'écran de leur mobile, moins ils réussissaient en classe.

Les parents souhaitent une «législation du Web»

Cette étude intervient dans un contexte d'inquiétude de plus en plus prononcé sur la dépendance des jeunes aux écrans dans les pays d'extrême Asie. Et si la Chine, Taïwan ou la Corée du Sud ont, d'ailleurs, déjà légiféré sur la question, au Japon quelque 64% des parents d'enfants âgés de 0 à 9 ans, jugent que toutes les mesures ne sont pas prises pour que les enfants ne soient pas soumis à la cyberviolence et aux mauvaises rencontres sur le Web. Ils voudraient notamment que les fournisseurs de smartphones appliquent des restrictions pour les jeunes utilisateurs et que soit défini un âge minimum d'accès pour davantage de sites. 

Quelque 70% des adultes interrogés demandent, en outre, à ce que les établissements scolaires enseignent aux élèves le bon usage du mobile et les dangers allant de pair, en plus de l'éducation qu'ils peuvent eux-mêmes apporter à leurs enfants (59%) ou des dispositions attendues du gouvernement (46%).