Eltsine, l'homme qui a chassé les communistes du pouvoir

BIO / VIDEOS Portrait de cet ancien apparatchik devenu le symbole de la démocratie russe...

Sa. C. avec AFP

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L'ex-président russe Boris Eltsine est décédé lundi à l'âge de 76 ans, a déclaré à l'AFP le service de presse du Kremlin.
L'ex-président russe Boris Eltsine est décédé lundi à l'âge de 76 ans, a déclaré à l'AFP le service de presse du Kremlin. — Ilmars Znotins AFP/Archives
De l’URSS à la Russie il y a un homme: Boris Eltsine. Président de juin 1991 au 31 décembre 1999, il s’est appliqué durant ses deux mandats à en finir avec l’ère soviétique. Après huit ans à la tête de la Russie, il laisse derrière lui l’image d’un leader intransigeant sous ses airs de bon vivant (voir le diaporama).

Carrière en dents de scie

Né le 1er février 1931 dans une famille paysanne d'un petit village de l'Oural, cet ingénieur en construction commence sa carrière politique à 37 ans au sein du Parti communiste, où il gravit un à un tous les échelons.

Repéré par l’ex-numéro un de l'URSS Mikhaïl Gorbatchev, il monte à Moscou en 1985, et entre début 1986 au bureau politique du parti.

Attaques cardiaques

Une collaboration qui ne dure pas. Refusant la perestroïka de Gorbatchev, Eltsine est évincé du Politburo et du gouvernement en 1988. Un choc qui lui cause sa première attaque cardiaque. D’autres suivront, notamment en 1995 et 1996, qui lui vaudront un quintuple pontage coronarien, fin 1996.

Orateur enflammé

Eltsine passe alors dans l’opposition. C’est le début de la traversée du désert. Elle ne durera pas longtemps. Deux ans après son départ de Moscou, il se fait élire député de sa région natale. Puis s’offre la présidence du parlement russe. Un mois plus tard, en juillet 1990, il quitte avec fracas le PC.

Le tribun à la mèche blanche profite alors de sa popularité inattendue pour se faire élire président de la Fédération de Russie au suffrage universel, le 12 juin 1991. En fait de vote, c’est un plébiscite: il est élu dès le premier tour avec 57,38% des voix.

Fous rires, danse et guerres en Tchétchénie

En août de la même année, juché sur un char, il prend la tête de la résistance à la tentative de putsch des communistes. Dopé par ce succès, il proclame en décembre la fin de l'Union soviétique et du régime communiste. Le coup d'envoi à des réformes économiques libérales est donné.

La suite est moins glorieuse. Les rumeurs sur sa santé enflent et ses quelques écarts de conduite (vidéo1) (vidéo2) sont attribués à sa passion pour la vodka. Le bon vivant prend le pas sur l’homme politique. Boris Eltsine fait rire, à commencer par
Bill Clinton (vidéo), mais n’inspire plus le respect.

En perte de vitesse, il dissout le parlement issu de l'ex-URSS et envoie l’armée sur les dissidents, en 1993. Les combats font officiellement 150 morts. Fin 1994, sa répression brutale des velléités indépendantistes de la Tchétchénie se solde par des dizaines de milliers de morts, avant qu’il n’entame un processus de paix, en août 1996.

1998, l’année de la capitulation

Se présentant comme le seul rempart contre un retour du communisme, il parvient malgré tout à être réélu.

Son second mandat est rythmé par son combat contre une opposition grandissante. En août 1998, éclate une crise financière. Le vieux Lion est contraint d’accepter la nomination d'Evgueni Primakov, l’homme de main de l'opposition pro-communiste.

Il finit par démissionner le 31 décembre 1999, à l’âge de 68 ans, cédant à la place à son «poulain», Vladimir Poutine, qu’il a nommé Premier ministre en août de la même année. Depuis, il faisait de rares apparitions, notamment à Roland Garros. Ce sportif, volleyeur de bon niveau dans sa jeunesse et grand amateur de tennis, était également féru de randonnées.