Ukraine: Quels sont les obstacles à la paix ?

MONDE - Une conférence téléphonique s'est tenue ce dimanche sur l’Ukraine pour tenter d'arrêter une guerre totale, selon les Occidentaux

F.V.

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Des combattants prorusses dans une rue de Makiivka dans la banlieue de Donetsk à l'Est de l'Ukraine le 1er février 2015
Des combattants prorusses dans une rue de Makiivka dans la banlieue de Donetsk à l'Est de l'Ukraine le 1er février 2015 — Dominique Faget AFP

C’est la «dernière chance» d'arrêter une guerre totale, selon les Occidentaux. Après avoir réclamé de Vladimir Poutine des «actes» pour ramener la paix en Ukraine, François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko se sont entretenus avec le président russe ce dimanche lors d'une conférence téléphonique. Les quatre se retrouveront mercredi prochain à Minsk pour poursuivre les négociations et esquisser une solution pour l’Ukraine, a annoncé la chancellerie allemande à l'issue de la conférence.

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Quels obstacles subsistent pour ramener la paix entre la Russie et l'Ukraine? Samedi, l'entourage de François Hollande en a énuméré trois: le «statut des territoires» conquis par les séparatistes, le «contrôle des frontières» entre les deux pays - par lesquelles hommes et matériels transitent de Russie vers le Donbass pour aider les rebelles, selon les Occidentaux – et la façon dont peut se faire le «retrait des armes lourdes» de la ligne du cessez-le-feu.

Autre obstacle majeur : Petro Porochenko a martelé qu'il n'existe «qu'une seule ligne (de front), celle de l'accord de Minsk» conclu en septembre 2014, soit bien en-deçà des positions atteintes après la dernière offensive des rebelles. L’accord de Minsk, signé en septembre dernier, n’a jamais véritablement été appliqué. Il prévoyait un cessez-le-feu immédiat et le retrait des «groupes armés illégaux, des armes lourdes et de tous les combattants et mercenaires du territoire ukrainien».

Confronté à une situation militaire et économique désastreuse, Petro Porochenko est sous pression face aux séparatistes, qui réclament plus d'autonomie et la prise en compte des gains territoriaux de ces dernières semaines dans les négociations. Il doit maintenant s'entendre avec Vladimir Poutine sur les concessions qu'il est prêt à faire en échange de garanties sur l'intégrité territoriale de l’Ukraine, selon des sources proches des négociations.

>> Lire notre article «Ukraine: Le conflit peut-il dégénérer en guerre mondiale?»

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est voulu prudemment optimiste sur les chances de trouver un accord. «Il est tout à fait possible d'avoir des résultats et de tomber d'accord sur des recommandations qui permettront aux deux côtés de vraiment dénouer le conflit», a-t-il estimé.

Après un semblant d'accalmie à la fin 2014, les affrontements entre rebelles prorusses et armée ukrainienne ont regagné en intensité depuis le début de l'année, faisant des centaines de morts. En dix mois de conflit, 5.300 personnes ont été tuées, selon l'ONU.