Ukraine: Le plan de paix de la dernière chance du duo Hollande/Merkel

CONFLIT Le président français et la chancelière allemande proposent depuis jeudi soir leur plan de sortie de crise à Kiev et à Moscou...

T.L.G.
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François Hollande et Angela Merkel rencontre Petro Poroshenko à Kiev, le 5/02/15.
François Hollande et Angela Merkel rencontre Petro Poroshenko à Kiev, le 5/02/15. — Efrem Lukatsky/AP/SIPA

C’était la surprise du chef d’Etat, jeudi, lors de sa conférence de presse. François Hollande annonçait devant les journalistes son départ le jour même vers Kiev puis le lendemain Moscou avec Angela Merkel pour trouver une issue au conflit.

«Si je fais ce déplacement à Moscou avec la chancelière après avoir passé plusieurs heures à Kiev c'est bien pour aller chercher un accord. Et pour ensuite dire, s'il a été obtenu, les efforts consentis par les uns et par les autres, et s'il ne l'a pas été, qui en sera responsable», a réagi le président français ce vendredi. 20 Minutes revient sur cette ultime tentative pour sortir le pays de la guerre.

Un plan d’urgence

«L’Ukraine est un pays en guerre», a lâché François Hollande jeudi. En dix mois, le conflit entre Kiev et les séparatistes rebelles a déjà fait plus de 5.300 morts. Le président français et la chancelière allemande savent que le temps presse. Leur plan d’urgence arrive alors que les combats s'intensifient dans l’est du pays. Pour preuve, une trêve de quelques heures a été conclue vendredi à Debaltseve, une ville tenue par l'armée ukrainienne et presque encerclée par les rebelles prorusses. Celle-ci devrait permettre d’évacuer les civils entre les bombardements des deux camps. Une centaine de personnes a déjà trouvé la mort depuis le début de l’année.

Cessez-le-feu immédiat?

«Nous ferons une nouvelle proposition de règlement sur le conflit lui-même, qui sera fondée sur l'intégrité territoriale de l'Ukraine», expliquait François Hollande, jeudi. Après plusieurs heures de négociations avec le président ukrainien Petro Porochenko, peu d’informations ont filtré. La présidence ukrainienne a seulement indiqué dans la nuit que leur initiative «laisse espérer un cessez-le-feu». Le chef de l’Etat ukrainien a insisté sur le respect des accords de paix signés à Minsk en septembre, les seuls signés à cette date par les deux camps. L’accord qui prévoyait un départ des «groupes armés illégaux» n’a pratiquement jamais été respecté.

L'initiative franco-allemande serait en réalité une «contre-proposition» d'un plan de paix russe. Vladimir Poutine aurait ainsi soumis il y a quelques jours des pistes de sortie de crise à Angela Merkel et François Hollande. Le duo aurait alors préparé des contre-propositions dans la foulée avec les Etats-Unis et Kiev.

Ce plan prévoirait de «conclure un cessez-le-feu immédiat» contre une «autonomie plus grande accordée aux séparatistes, sur un territoire plus vaste que celui envisagé jusqu'ici», a révélé Süddeutsche Zeitung. «A Porochenko, on veut clairement faire comprendre qu'il s'agit de la dernière chance offerte à l'Ukraine d'éviter une défaite militaire et un écroulement économique», indique  le quotidien allemand. Ces informations ont été démenties par le gouvernement allemand.

L’offre de la dernière chance?

Dans le même temps, les Etats-Unis réfléchissent à la possibilité de livrer des armes à l’armée ukrainienne, en difficulté dans les régions séparatistes de Donetsk et de Lougansk. En visite jeudi à Kiev, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a indiqué que «toutes les options dont celle de la livraison d'armes défensives» étaient passées en revue par Barack Obama, ajoutant toutefois que Washington privilégiait «une solution diplomatique». Une aide militaire américaine porterait un «préjudice colossal» aux relations russo-américaines, a déjà averti la chancellerie russe, jeudi.

Jusqu’à aujourd'hui, la France et l’Allemagne ont refusé toute assistance militaire à l’Ukraine. Mais François Hollande a prévenu lors de sa conférence de presse. «L'option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment».