L'armée tchadienne lance une offensive terrestre contre Boko Haram au Nigeria

MONDE

20 Minutes avec AFP

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Des véhicules blindés de l'armée tchadienne à Fotokol au Cameroun le 1er février 2015 en train de se diriger vers Gamboru au Nigéria
Des véhicules blindés de l'armée tchadienne à Fotokol au Cameroun le 1er février 2015 en train de se diriger vers Gamboru au Nigéria — STEPHANE YAS AFP

L'armée tchadienne a déclenché ce mardi une offensive terrestre au Nigeria contre Boko Haram, pénétrant dans la ville de Gamboru depuis la frontière camerounaise après de violents combats avec les islamistes qui contrôlaient la ville depuis plusieurs mois.

C'est la première fois que des troupes tchadiennes, qui se sont déployées mi-janvier au Cameroun avec la volonté d'en découdre avec Boko Haram, pénètrent sur le sol du Nigeria, dont l'armée est très critiquée pour son inefficacité dans la lutte contre le groupe islamiste.

D'autres forces tchadiennes se sont massées à la frontière entre le Niger et le Nigeria, à proximité immédiate de bastions de Boko Haram.

Missions de reconnaissance de la France

«Un contingent d'environ 400 véhicules et des chars est positionné de Mamori à Bosso», deux bourgades de l'est nigérien, qui ne sont séparées du Nigeria que par une rivière, la Komadougou Yobé, a annoncé la radio privée Anfani, basée à Diffa (sud du Niger).

La France soutient ces mouvements avec des missions de reconnaissance au-dessus du Tchad et du Cameroun, ont indiqué mardi des sources officielles françaises, précisant que du renseignement était délivré à ces pays largement impliqués dans la lutte contre Boko Haram.

L'offensive tchadienne intervient à l'approche de l'élection présidentielle nigériane du 14 février, où le chef de l'Etat Goodluck Jonathan vise un nouveau mandat dans un pays miné par les attentats et les attaques de Boko Haram.

Bombardements

Ces attaques, menaçant de plus en plus l'équilibre régional en pesant sur les frontières du Cameroun, du Niger et du Tchad, ont entrainé la réaction militaire de N'Djamena, très soucieuse de se prémunir d'infiltrations de djihadistes sur son sol.

Le président a échappé lundi à un attentat-suicide à la sortie d'un meeting dans le nord-est du Nigeria, région dont Boko Haram contrôle des pans entiers. L'attentat-suicide qui a secoué le parking du stade de Gombe quelques minutes après le départ de Goodluck Jonathan, lundi après-midi, n'a pas été revendiqué pour l'instant, mais deux femmes kamikazes sont soupçonnées d'en être à l'origine, selon les secours et une source hospitalière.

Mardi matin, les blindés et les fantassins tchadiens ont franchi le pont séparant la ville camerounaise de Fotokol de la ville frontalière nigériane de Gamboru, au Nigeria, après d'importants bombardements aériens et d'artillerie et des échanges de tirs nourris avec les islamistes, qui avaient pris la ville il y a plusieurs mois, a constaté un journaliste de l'AFP.

Action de l’Union africaine

Les opérations aériennes ont duré près d'une heure, puis les blindés tchadiens ont défoncé les obstacles placés sur le pont pour permettre le passage des troupes, qui sont entrées dans Gamboru vers 11H00.

L'intégralité du contingent de 2.000 hommes environ, selon des sources militaires, était entré au Nigeria à la mi-journée.

L'Union africaine a finalement réagi vendredi et samedi en appelant à la mobilisation en Afrique contre les islamistes, lors d'un sommet à Addis Abeba, et demandé la mise en place d'une force militaire régionale de 7.500 hommes, une idée soutenue par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.