La chaîne Alarab du prince saoudien Al-Walid a commencé à émettre

MEDIA Il emploie 280 personnes dans 30 pays...

20 Minutes avec AFP

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Conférence de presse pour la future Alarab le 15 décembre 2015
Conférence de presse pour la future Alarab le 15 décembre 2015 — Hasan Jamali/AP/SIPA

La chaîne d'informations en continu Alarab du richissime prince saoudien Al-Walid ben Talal a commencé à émettre dimanche par satellite, entrant en compétition avec d'autres chaînes régionales déjà bien établies comme Al-Jazeera et Al-Arabiya.

Depuis ses studios à Manama, Alarab a donné la parole dans son premier journal à un dirigeant du principal groupe de l'opposition chiite bahreïnie, Khalil al-Marzouq, qui a critiqué la décision du royaume annoncée la veille de déchoir de leur nationalité 72 personnes. Le lancement d'Alarab répond à «un besoin réel de chaîne indépendante et impartiale», a répété dimanche son directeur général, Jamal Khashoggi.

L'exécution annoncée par le groupe Etat islamique d'un otage japonais et le chaos politique au Yémen, ainsi que la vague de violences en Egypte, ont dominé le premier journal d'Alarab qui a démarré, selon ses responsables, avec un effectif de 280 personnes dans 30 pays, dont une vingtaine en Arabie saoudite.

Le prince Al-Walid est le neveu de feu le roi Abdallah

Le lancement d'Alarab avait été reporté à de nombreuses reprises depuis l'annonce du projet en 2010 par le prince Al-Walid, homme d'affaires saoudien connu pour son franc-parler et actif notamment dans la finance, l'hôtellerie et les médias. Le prince Al-Walid est le neveu de feu le roi Abdallah, décédé le 23 janvier. Alarab vient s'ajouter à une multitude de chaînes de télévision arabes ou arabophones.

La première à s'être lancée en 1996 sur ce créneau, Al-Jazeera (Qatar), a été concurrencée en 2003 par la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya du groupe MBC, propriété de cheikh Walid al-Ibrahim, parent de feu le roi saoudien Fahd. Ces deux chaînes ont fait l'objet de critiques les accusant de refléter les vues de leurs propriétaires notamment après le Printemps arabe et les révoltes contre des régimes autoritaires.

De la concurrence

Ainsi, lorsque le Qatar a été accusé de soutenir les Frères musulmans en Egypte et que cette confrérie a été déclarée «organisation terroriste» par l'Arabie saoudite, les positions de Ryad et Doha se sont reflétées dans les couvertures d'Al-Jazeera et Al-Arabiya.

Alarab devra également faire face à la concurrence de chaînes plus récentes comme Sky News Arabia, France 24 et la BBC en arabe, la chaîne turque TRT, Al-Horra (Etats-Unis) et Russia Today, qui n'ont pas réussi à enlever de larges parts d'audience à Al-Jazeera et à Al-Arabiya.