Otage japonais décapité: «Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes», prévient le Premier ministre Shinzo Abe

DJIHAD Le second otage japonais enlevé en Syrie a été exécuté...

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre japonais Shinzo Abe à son arrivée à son bureau le 29 janvier 2015 à Tokyo
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe à son arrivée à son bureau le 29 janvier 2015 à Tokyo — TORU YAMANAKA AFP

L'apparente exécution par le groupe Etat islamique (EI) d'un second otage japonais enlevé en Syrie a mis dimanche le monde en émoi, Tokyo qualifiant d'ignoble cet acte fermement condamné par la communauté internationale, tandis qu'Amman s'est dit «déterminé à tout faire» pour sauver la vie d'un pilote jordanien aux mains des djihadistes.

Le Japon a juré dimanche qu'il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d'un enregistrement attribué à l'EI annonçant la décapitation d'un deuxième ressortissant japonais. «Nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté», a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.

Il a jugé «hautement probable» l'authenticité de la vidéo relatant l'exécution de l'homme identifié comme étant le journaliste Kenji Goto, enlevé l'automne dernier en Syrie. L'EI avait déjà annoncé il y a une semaine avoir tué un premier otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n'aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour fin octobre ou début novembre.

«Kenji est parti. Je ne peux trouver de mots face à cette triste mort»

«C'est un acte de terrorisme ignoble contre lequel je suis très en colère», a renchéri le Premier ministre Shinzo Abe, visiblement ému. «Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes», a-t-il poursuivi. «Le Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme» et pour que ceux qui en sont responsables «soient traduits en justice».

«Je n'ai pas de mots pour dire la peine que la famille doit ressentir, le gouvernement a fait le maximum pour gérer cette crise, c'est très regrettable», a reconnu le Premier ministre. «Kenji est parti. Je ne peux trouver de mots face à cette triste mort», a réagi devant les caméras la mère de la victime, Junko Ishido.

La Jordanie a aussi «vivement» condamné l'exécution de Goto et a assuré «n'avoir épargné aucun effort, en coordination avec le gouvernement japonais, dans le but lui sauver la vie». Elle s'est dite en outre dite «déterminée à tout faire» pour recouvrer vivant son pilote Maaz al-Kassasbeh, que l'EI a menacé d'exécuter si Amman ne libérait pas une djihadiste irakienne d'ici. L'EI avait fixé un ultimatum qui expirait jeudi soir.

Le même bourreau

Aman s'était dit prêt à libérer la prisonnière, mais exigeait une preuve de vie de son pilote capturé en décembre après l'accident de son F-16 en Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur Twitter, on voit Goto en tenue orange à genoux, à côté d'un homme debout, masqué et tout de noir vêtu, avec un couteau à la main. La dernière image présente un corps sans vie. Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l'accent britannique est le même que sur les précédentes vidéos de décapitation d'otages occidentaux par l'EI.

Cet homme affirme que l'exécution de Kenji Goto punit la «participation irresponsable» du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les djihadistes.