Espagne: Succès, pour la manifestation de Podemos

ANTICAP Des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Madrid...

20 Minutes avec AFP

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Un homme défile, le 31 janvier 2015, en soutien à Podemos le parti anticapitaliste espagnol
Un homme défile, le 31 janvier 2015, en soutien à Podemos le parti anticapitaliste espagnol — Andres Kudacki/AP/SIPA

A quatre mois des prochaines élections en Espagne, Podemos se sent pousser des ailes. Au cri de « Oui, c'est possible! », les partisans du parti antilibéral ont manifesté samedi dans les rues de Madrid leur volonté de renouveler la politique en Espagne. Podemos a réussi à organiser un véritable meeting en plein centre de Madrid, avec une affluence rappelant les manifestations du mouvement des "indignés", né le 15 mai 2011 dans les mêmes rues. Le parti évoquait le chiffre de 300.000 participants tandis que la police les évaluait à 100.000.

L'heure du changement

La marche intervient moins d'une semaine après la victoire électorale du parti grec Syriza, dont les dirigeants ont régulièrement fait campagne aux côtés de ceux de Podemos.

Les manifestants ont défilé pour une «grande marche pour le changement» dans le centre historique de la capitale. «Le vent du changement a commencé à souffler sur l'Europe», a déclaré Pablo Iglesias, le leader du parti, devant une foule compacte réunie place de la Puerta del Sol brandissant drapeaux grecs et républicains de la gauche espagnole.

Contre les «privilégiés»

En Espagne, «les privilégiés ont rompu le pacte de coexistence», a lancé Iñigo Errejon, 31 ans, le numéro deux de Podemos. «Le problème, c'est un modèle de pays qui a fait travailler l'Etat contre la société», et la «minorité (qui) engraissait ses comptes bancaires pendant que la majorité voyait les siens fondre, a lancé le chef du parti, queue-de-cheval et chemise blanche. Ça c'est la corruption».

Podemos, le parti frère de Syriza

Podemos, qui signifie comme Syriza «Nous pouvons», dénonce la haute finance, l'austérité et l'establishment accusé de corruption, la «caste», qui aurait laissé le peuple dans une situation «d'humiliation et d'appauvrissement».Issus de deux des pays européens ayant vécu le plus durement la crise, avec encore plus d'un cinquième de leur population active au chômage,

Podemos et Syriza partagent le même rejet de la « troïka » (Banque centrale et commission européennes, Fonds monétaire international). Tout comme le parti grec, appelle à mettre fin à l'empire de la finance internationale qui, selon eux, oublie l'humain et à poser la question d'une restructuration de la dette.

Une ascencion fulgurante

Ce rassemblement a été organisé à moins d'un an des législatives en Espagne et à quatre mois d'élections régionales où Podemos présentera ses candidats. Le parti, fondé il y a tout juste un an, a créé la surprise dès mai 2014 en obtenant 1,2 million de voix, et cinq députés, aux élections européennes.

Depuis, son ascension dans les sondages a été fulgurante, dépassant régulièrement le Parti socialiste et parfois même les conservateurs du Parti populaire au pouvoir.