La France et le Maroc annoncent le rétablissement de la coopération judiciaire entre les deux pays

JUSTICE Elle avait été suspendue en février par le Maroc…

C.P.

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François Hollande et le roi du Maroc Mohammed VI à Bamako en septembre 2013.
François Hollande et le roi du Maroc Mohammed VI à Bamako en septembre 2013. — PDN/SIPA

Une première étape vers la normalisation des relations franco-marocaine?  L’accord trouvé ce samedi entre la ministre française de la Justice Christiane Taubira et son homologue marocain est en tout cas une première étape positive. Il va en effet permettre le rétablissement «immédiat» de la coopération judiciaire entre les deux pays, après des mois de brouille.

«Coopération plus efficace entre les autorités judiciaires des deux pays»

Le Maroc a suspendu fin février 2014 sa coopération judiciaire avec la France et la coopération sécuritaire a également été affectée, à la suite d'une crise inédite, née de dépôts en France de plaintes pour «torture» et «complicité de torture» visant le patron du contre-espionnage marocain.

>> Pourquoi les relations entre le Maroc et la France sont-elles tendues?

La garde des Sceaux française et le ministre de la Justice marocain Mustapha Ramid se sont rencontrés les 29 et 30 janvier à Paris pour «examiner en profondeur les difficultés ayant conduit à la suspension de la coopération judiciaire entre la France et le Maroc», selon le communiqué du ministère français.

Les deux ministres ont trouvé un «accord sur un texte amendant la convention d'entraide judiciaire franco-marocaine permettant de favoriser, durablement, une coopération plus efficace entre les autorités judiciaires des deux pays et de renforcer les échanges d'informations, dans le plein respect de leur législation, de leurs institutions judiciaires et de leurs engagements internationaux», est-il écrit.

«Cet amendement très important, qui vient couronner des discussions entamées depuis plusieurs mois par les gouvernements des deux pays, a été paraphé par les deux ministres le 31 janvier», est-il ajouté.

«Les deux ministres se sont félicités de ce résultat et ont décidé du rétablissement immédiat de la coopération judiciaire et juridique entre la France et le Maroc ainsi que du retour des magistrats de liaison», conclut le texte.

L'ONG poursuivie à Rabat

Pas sûr toutefois que cela suffise à apaiser les relations très tendues depuis le mois de février entre les deux pays. Mardi, l’ONG basée à Paris ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture, active en France et à travers le monde) a indiqué à l’AFP avoir  été convoquée le 26 février devant le tribunal de grande instance de Rabat, ar les  autorités marocaines qui l’accusent notamment de diffamation, outrage envers les corps constitués, injure publique et incitation à faire de faux témoignages, selon cette lettre.

Mercredi, au lendemain de la commémoration du 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Al Watan Al An, quotidien marocain arabophone, avait choisi de grimer François Hollande en Hitler, avec ce titre: »Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans? » «C’est très peu à l’encontre du président français. Il mérite pire. Le gouvernement français n’assure pas la sécurité des citoyens musulmans en France, comme c’est le cas pour la communauté juive», avait expliqué à Tel Quel, journal marocain de référence, Abderrahim Ariri, le directeur de la publication d’Al Watan Al An.