Premier test grandeur nature, dans la rue, pour Podemos, l'allié espagnol de Syriza

MONDE Les militants du parti antilibéral espagnol se sont donné rendez-vous ce samedi dans les rues de Madrid...

C.P. avec AFP

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Le leader espagnol de Podemos, Pablo Iglesias, lors d'un meeting de campagne de Syriza aux côtés d'Alexis Tsipras, le 22 janvier 2015 à Athènes
Le leader espagnol de Podemos, Pablo Iglesias, lors d'un meeting de campagne de Syriza aux côtés d'Alexis Tsipras, le 22 janvier 2015 à Athènes — Aris Messinis AFP

Après Athènes, Madrid?  Moins d’une semaine après l’accession du parti de gauche Syriza au pouvoir en Grèce et à un an des élections législatives en Espagne, son petit frère espagnol Podemos se prend à rêver.

Manifester non pas «contre» mais «pour».

Ce samedi à 12h des milliers de manifestants sont attendus dans les rues de la capitale pour une «marche pour le changement»

Issu du mouvement des Indignés né à Madrid le 15 mai 2011 pour dénoncer la haute finance, l'austérité et l'establishment corrompu, Podemos («nous pouvons ») a des raisons d’espérer : début novembre, un sondage le plaçait en tête des intentions de vote.

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«Cette marche doit enlever la peur aux gens. Syriza a ouvert le chemin», confiait à l’AFP Sergio Dominguez, 33 ans, mécanicien dans l'aéronautique au chômage depuis trois ans, en se préparant à rallier la manifestation.

«Ce n'est pas une manifestation, c'est une fête», assurait de son côté un des dirigeants du parti, Inigo Errejon, jeudi soir.

Sur le spot du parti appelant à cette manifestation des citoyens de tous âges égrènent une liste de souhaits: «du travail», «que l'on respecte notre liberté de manifester», «que les droits d'inscription à l'université baissent»...Un programme de gauche, même si Podemos refuse toute étiquette.

«Le 31 janvier, nous allons démontrer que tous ensemble nous allons changer l'histoire de notre pays», promet son leader, le très charismatique professeur de sciences politiques Pablo Iglesias, âgé de 36 ans.

Mobilisation anti-austérité

L’Espagne, comme la Grèce, est l’un des des pays européens ayant vécu le plus durement la crise, avec encore plus d'un cinquième de leur population active au chômage. Et comme Syriza, Podemos s’est construit dans un rejet de la «troïka» (UE, BCE, FMI), qui, selon eux, dirige en fonction de critères strictement financiers, oubliant l'humain.

Ils ont un deuxième point commun fort, sur lequel Syriza a déjà réussi: la volonté de gouverner et non plus de se contenter de peser sur le débat.

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«Ce qui s'est passé en Grèce est historique. Tout le monde sait que la suivante, c'est l'Espagne», assure samedi au quotidien en ligne Publico le Français Jean-Luc Mélenchon, dirigeant du Parti de gauche en France, également allié de ces deux formations et qui devrait participer à la marche.

Le parti fondé il y a tout juste un an a créé la surprise dès mai 2014 en obtenant 1,2 million de voix, cinq députés sur 54 aux Européennes.

Avant les législatives, Podemos entend bien confirmer l’essai en présentant des candidats aux élections régionales partielles et municipales organisés dans les mois qui viennent.

Le parti est violemment attaqué par la droite et la gauche traditionnelles espagnoles, qui l'accusent de rester vague sur son programme et de mettre en danger la stabilité en promettant «la lune et même le soleil»