Afrique du Sud: Eugene De Kock, «tueur numéro 1» de l'apartheid, va sortir de prison

APARTHEID En 1996, Eugene de Kock avait été condamné à deux peines de perpétuité et 212 ans de prison pour 89 crimes et délits commis…

20 Minutes avec AFP

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Eugene de Kock, le 21 juillet 1998 à Prétoria(FILES)-- A file photo taken on July 21, 1998 in Pretoria shows Eugene De Kock, who was sentenced to 289 years imprisonment and life sentence for 87 crimes, being guarded by a prison warder at the Truth and Reconciliation Commission (TRC) hearing. One of South Africa's most notorious apartheid murderers, Eugene de Kock -- dubbed "Prime Evil" -- was granted parole on January 30, 2015, after 20 years in jail, while applications by two others were refused. AFP PHOTO / WALTER DHLADHLA
Eugene de Kock, le 21 juillet 1998 à Prétoria(FILES)-- A file photo taken on July 21, 1998 in Pretoria shows Eugene De Kock, who was sentenced to 289 years imprisonment and life sentence for 87 crimes, being guarded by a prison warder at the Truth and Reconciliation Commission (TRC) hearing. One of South Africa's most notorious apartheid murderers, Eugene de Kock -- dubbed "Prime Evil" -- was granted parole on January 30, 2015, after 20 years in jail, while applications by two others were refused. AFP PHOTO / WALTER DHLADHLA — AFP

Eugene de Kock, le plus célèbre tueur de l'apartheid, coupable de kidnappings, tortures et assassinats d'opposants, va bientôt sortir de prison. Le ministre sud-africain de la Justice lui a accordé vendredi la liberté conditionnelle après vingt ans derrière les barreaux.

«Dans l'intérêt de la réconciliation nationale, j'ai décidé de mettre Eugene De Kock en liberté conditionnelle», a déclaré le ministre Michael Masutha lors d'une conférence de presse à Pretoria.

Alors que les médias sud-africains s'interrogeaient sur l'opportunité de libérer, ou non, le «tueur numéro 1» de l'apartheid, Michael Masutha a précisé que le président Jacob Zuma lui avait dit d'être «guidé par l'Etat de droit et la Constitution».

Un prisonnier modèle en prison

L'ancien colonel de la police Eugene de Kock, 66 ans, est donc un justiciable comme les autres. Même si les plaies des crimes du régime raciste de l'apartheid, qui a tout fait pour maintenir la minorité blanche au pouvoir en Afrique du Sud jusqu'au début des années 1990, ne sont pas refermées.

Eugene De Kock a été un prisonnier modèle pendant sa détention, coopérant avec les autorités pour retrouver les corps de ses victimes et demandant pardon aux familles. « Il a payé sa dette à la société, et je crois qu'il est temps que l'Afrique du Sud commence à digérer son passé », a réagi l'avocat de l'ancien colonel, Julian Knight.

89 crimes et délits commis à la tête d’une unité anti-terroriste

Les modalités de sa libération ne seront pas rendues publiques, à sa demande, a précisé le ministre. Eugene de Kock avait été condamné en 1996 à deux peines de perpétuité et 212 ans de prison pour 89 crimes et délits commis lorsqu'il était à la tête d'une unité anti-terroriste de la police du régime raciste.

La Commission vérité et réconciliation (TRC), mise sur pied pour révéler et éventuellement pardonner les crimes de l'apartheid, lui a ensuite accordé l'amnistie pour une bonne partie de ses crimes, y compris deux attentats à la bombe et 12 meurtres de militants anti-apartheid. Mais elle lui a refusé l'amnistie pour six meurtres, estimant que les victimes n'avaient pas de lien avec la guérilla anti-apartheid et qu'un mobile politique ne pouvait être invoqué.

Eugene de Kock, un assassin d’Etat

Il est donc resté en prison, tandis que ses supérieurs --et notamment Frederik de Klerk, le dernier président de l'apartheid, prix Nobel de la paix-- sont restés libres.

Tant pendant son procès que devant la TRC, Eugene de Kock, qui s'est lui-même qualifié d'« assassin d'Etat », avait longuement et froidement détaillé une multitude d'atrocités commises par son unité secrète du Vlakplaas --du nom d'une ferme proche de Pretoria-- entre 1985 et 1993, n'omettant aucun détail.