Dans Kobané détruite, après la déroute de Daesh

MONDE La ville syrienne, libérée après quatre mois d'occupation par l'organisation Etat Islamique, a été largement détruite...

F.V.

— 

Un combattant kurde et son fils dans Kobané libérée, le 28 janvier 2015 (AFP / Bulent Kilic)
Un combattant kurde et son fils dans Kobané libérée, le 28 janvier 2015 (AFP / Bulent Kilic) — 20 minutes - Slideshow

Bâtiments éventrés, rues désertes jonchées de débris: la ville syrienne de Kobané, entièrement contrôlée depuis deux jours par les forces kurdes, a été largement détruite par les quatre mois de combats acharnés qui les ont opposées aux djihadistes de Daesh.

Les dégâts subis par la ville, devenue le symbole d'une guerre civile qui a fait près de 200.000 morts depuis 2011, sont spectaculaires, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont pu entrer dans la ville.

L'un d'eux, Bulent Kilic, raconte : «Cela faisait quatre mois que je photographiais cette ville. Ce que je voyais de loin était très, très dur. Et voilà qu’enfin, ce matin, je peux pour la première fois voir Kobané de l’intérieur.» Son récit est disponible ici.

Les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), la milice du principal parti kurde de Syrie, règnent en maîtres sur des rues abandonnées par la plupart de leurs habitants. Seuls quelques rares civils ont été aperçus dans des rues de la partie occidentale de la ville, moins touchée par les affrontements.

Atmosphère écrasante

Des journalistes de Radio France, également sur place, racontent l'atmosphère écrasante qui règne dans la ville, l'odeur de la mort, les rues et les bâtiments détruits à travers leurs photos et récits. Les images, choquantes, témoignent de l'horreur qu'ont traversé les habitants de Kobané. D'autres montrent des traces de vie.

A plusieurs carrefours, des groupes de miliciens en tenues mi-militaires, mi-civiles, ont salué la présence des journalistes par des rafales de Kalachnikovs tirées dans le ciel et en faisant le «V» de la victoire.

Dans certaines rues, des obus de mortiers non explosé gisent encore au milieu des gravats et de quelques véhicules abandonnés criblés de balles, témoins de la violence des affrontements.

 

Un photo-reportage du Monde.fr est également disponible ici.

Ailleurs en Syrie et en Irak, les exactions de l'organisation de l'Etat islamique continuent

Toujours à l'affût dans le ciel de Kobané, les avions de la coalition ont mené mardi et mercredi 13 frappes qui ont permis de détruire douze véhicules djihadistes, a annoncé le Pentagone.

Malgré sa défaite - très symbolique - à Kobané, l'organisation Etat islamique, qui a perdu plus d'un millier de ses combattants dans la bataille, occupe encore de très larges portions des territoires syrien et irakien, où il sème la terreur et multiplie les exactions.