En Chine, Manuel Valls appelle à un «rééquilibrage» du commerce avec la France

DIPLOMATIE Le Premier ministre a parlé économie, commerce, droits de l'Homme et climat au premier jour de son déplacement...

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls et Laurent Fabius à Tianjin, en Chine, le 29 janvier 2015.
Manuel Valls et Laurent Fabius à Tianjin, en Chine, le 29 janvier 2015. — Liu Haifeng/XinHua/SIPA

Aller chercher l'argent là où il est. Manuel Valls a entamé ce jeudi une visite officielle en Chine pour courtiser les investissements de la 2e économie mondiale, en appelant à un « rééquilibrage » des échanges commerciaux en faveur de la France. Le Premier ministre français a été reçu à Pékin par son homologue chinois, Li Keqiang, au Grand palais du peuple, place Tiananmen, où ils ont passé en revue la garde.

« La relation entre la France et la Chine est clairement très importante », a déclaré Li Keqiang. Il s'est dit heureux de développer une « relation personnelle » avec Manuel Valls, après la visite d'Etat de François Hollande en Chine en 2013 et la venue du numéro un chinois Xi Jinping en France l'an dernier.

Une douzaine d'accords, mais pas de gros contrats

Manuel Valls a salué l'élargissement des coopérations sino-françaises, prenant en exemple la première émission obligataire publique en yuan à Paris cette semaine, témoignant de l'internationalisation de la monnaie chinoise. Li et Valls ont supervisé la signature d'une douzaine d'accords divers, dont un entre EDF et l'opérateur nucléaire chinois CGN. Toutefois, même si une importante délégation d'hommes d'affaires accompagne Manuel Valls - les nouveaux patrons d'EDF, Thales, Areva, les dirigeants de la SNCF, GDF Suez, Schneider, Airbus... - aucun contrat commercial majeur n'a été annoncé.

« La Chine ne recherche en aucun cas l'excédent commercial », a assuré Li Keqiang lors d'une conférence de presse commune, exercice qui reste exceptionnel pour le pouvoir chinois. Les exportations de la Chine vers la France sont 2,5 fois plus élevées que celles de la France vers la Chine. La France a accusé 26 milliards d'euros de déficit commercial avec la Chine en 2013, soit près de 40% de son déficit extérieur total.

Les droits de l'Homme... et le climat

« Bien au contraire, nous espérons un équilibre dans les échanges commerciaux puisque c'est la seule manière d'assurer un développement durable des relations commerciales », a poursuivi Li Keqiang. Il a ajouté avoir abordé avec Manuel Valls « les sujets de préoccupation français, les droits de l'Homme, l'Etat de droit et l'internet », le régime communiste exerçant une censure draconienne des réseaux sociaux.

Le voyage de Manuel Valls en Chine vise aussi à rapprocher Pékin de la signature d'un accord mondial sur le climat à Paris en fin d'année. Un sujet pris « très au sérieux » par la Chine, « déterminée à agir », a assuré Manuel Valls. « Nous avons déjà beaucoup fait pour lutter contre le réchauffement et nous continuerons à faire des efforts difficiles et très marqués », a répondu Li Keqiang.

Vendredi, Manuel Valls rencontrera Xi Jinping, ainsi que le numéro trois du régime, le président de l'Assemblée nationale populaire Zhang Dejiang, avant de se rendre à Shanghai samedi.