Cinq choses que vous ignorez sur le nouveau patron des finances grecques

GRECE Zoom sur le parcours peu commun de l'homme sur lequel reposent les espoirs de l'économie grecque...

N.Bg.

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Yanis Varoufakis le 28 janvier 2015 à Athènes. Lancer le diaporama
Yanis Varoufakis le 28 janvier 2015 à Athènes. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Elu avec Syriza le week-end dernier et nommé ministre de Finances cette semaine, Yanis Varoufakis détonne par son physique -crâne rasé, mâchoire carrée, chemises bariolées et t-shirts à la mode- mais surtout par son parcours peu commun. 20 Minutes vous en dit plus sur celui qui va être en première ligne dans la tentative de sauvetage de l'économie grecque.

Il  n’est pas (du tout) eurosceptique

Si l’étiquette eurosceptique colle à Syriza, Varoufakis est un Européen convaincu. «Nous avons le droit de rester dans la zone euro, nul ne peut nous le contester», indiquait-il à La Tribune une semaine avant les législatives. L’auteur de L’imposture économique Steve Keen le voit comme «l’un des principaux élaborateurs de systèmes par lesquels la crise dans l’UE pourrait être surmontée sans avoir à abandonner ni l’Union, ni l’euro». Loin de vouloir brandir un doigt d’honneur à ses créanciers de la Troïka, il cherche à négocier calmement, et a d’ailleurs confié mardi à une radio irlandaise avoir eu une première conversation téléphonique «encourageante et inspirante» avec le patron de l’Eurogroupe.

Il n'était pas destiné à la politique

Dans sa bio Twitter, il se décrit comme un «professeur d’économie qui écrivait tranquillement d’obscurs textes académiques avant d’être jeté sur le devant de la scène par la gestion européenne inefficace d’une crise inévitable». A La Tribune, il confie n’avoir «jamais eu l’intention d’entrer en politique, mais lorsque vous avez établi, en tant qu’économiste, un ensemble de recommandations pour votre pays, et qu’un dirigeant politique vous propose de les mettre en œuvre, il est difficile de refuser».

Il s’est lancé en politique avec Papandréou, puis l’a combattu

Avant ce mois de janvier, Varoufakis s’était déjà essayé à la politique comme conseiller du chef des socialistes grecs Papandréou, de 2004 à 2006. Le même Papandréou qu’il combattra farouchement par la suite dans sa gestion de la crise grecque. Des critiques virulentes et médiatiques –Varoufakis est un habitué des plateaux télé- qui lui vaudront le surnom de «Dr Doom».

Il a fui l’Angleterre à cause de Thatcher, et la Grèce à cause des menaces

Formé à l’université d’Essex, en Grande-Bretagne, c’est pour «s’échapper» de l’Angleterre libérale que ce Gréco-Australien part vivre et enseigner à Sydney à la fin des années 80. Margaret Thatcher venait d’être réélue pour la troisième fois, «c’en était trop». Revenu dans son pays natal en 2000, c’est pour une raison plus grave qu’il change à nouveau de pays huit ans plus tard. Sa critique de la gestion de la crise en Grèce lui vaut certes un joli surnom, mais aussi des menaces, envers lui et sa famille. «J’ai commencé à être considéré comme un "agent du mal", celui qui voulait que le pays fasse faillite», racontait-il à L’Expansion il y a quelques mois.

Il a travaillé chez un géant du jeu vidéo

Résidant au Texas à partir de 2012, l’économiste est approché par Gabe Newell, ogre du jeu vidéo propriétaire de Valve (Half-Life, Portal…) et de la fameuse plateforme de vente Steam. Il y travaille quelques années comme consultant en économie virtuelle, avant de regagner la Grèce et de rejoindre Syriza pour s’occuper, cette fois, de problèmes économiques bien réels.