Jordanie: Amman précise ses conditions pour l'échange de prisonniers avec Daesh

TERRORISME Les djihadistes de l'Etat islamique menacent de tuer le pilote jordanien et l'otage japonais si une djihadiste n'est pas libérée...

20 Minutes avec AFP

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La Jordanie est déterminée à sauver son pilote capturé par l'organisation de l'EI en Syrie.
La Jordanie est déterminée à sauver son pilote capturé par l'organisation de l'EI en Syrie. — STR / RMC / AFP

La Jordanie s'est déclarée mercredi prête à libérer une détenue irakienne en échange d'un pilote capturé par le groupe Etat islamique (EI) qui menace de le tuer ainsi qu'un otage japonais, mais elle a exigé des preuves qu'il est toujours en vie.

Le délai a expiré à 15h

Dans une vidéo diffusée mardi, l'EI a averti qu'il exécuterait dans les 24 heures le pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh et l'otage Japonais Kenji Goto si la djihadiste Sajida al-Rishawi n'était pas libérée. Selon Tokyo, ce délai a expiré à 14h GMT (15h heure de Paris).

Sur son compte Twitter, le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Joudeh a affirmé à 14h50 GMT (15h30 heure de Paris): «Nous avons demandé depuis un moment des preuves que le héros Maaz est en vie et en sécurité mais nous n'avons rien reçu».  «La Jordanie est tout à fait prête à libérer la prisonnière Sajida Al-Rishawi à condition que le pilote jordanien soit libéré sain et sauf», a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement Mohammad Al-Momeni, cité par la télévision d'Etat.

«Depuis le début, la position de la Jordanie a été d'assurer la sécurité de notre fils, le pilote Maaz al-Kassasbeh», a-t-il ajouté, sans faire mention de l'otage japonais. Des sources officielles et militaires jordaniennes avaient souligné plus tôt que dans l'enregistrement, l'EI réclame la libération de l'Irakienne en échange de l'otage japonais mais que le groupe djihadiste ne mentionne pas la libération du pilote. «En revanche il menace de tuer les deux», selon ces sources.

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Le vice-ministre japonais des Affaires étrangères à Amman

Mardi soir, le père du pilote a exhorté les autorités à accéder aux demandes de l'EI, lors d'une manifestation à Amman de dizaines de membres des tribus de Karak (sud) dont il est originaire. Maaz al-Kassasbeh a été capturé le 24 décembre après le crash de son F-16 au dessus de la Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale antidjihadistes.

Kenji Goto est un journaliste indépendant, vraisemblablement retenu depuis fin octobre en Syrie. En visite à Amman pour tenter de trouver une issue, le vice-ministre japonais des Affaires étrangères, Yasuhide Nakayama, a affirmé que les discussions se poursuivaient. «Nous ne renoncerons pas» à œuvrer pour la libération des otages, a-t-il ajouté.

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Amman sous la pression du Japon et des Etats-Unis

A Tokyo, le Premier ministre Shinzo Abe a jugé «ignobles» les menaces de l'EI. «Nous sommes dans une situation extrêmement difficile et j'ai demandé aux ministres d'agir de façon unie pour faire libérer au plus tôt M. Goto».

Les nouvelles exigences de l'EI se présentent sous la forme d'une photo de Kenji Goto, tenant la photo du pilote jordanien. La voix supposée du journaliste japonais formule les menaces des ravisseurs. Pour les experts, la position d'Amman est de facto entre le marteau de l'EI et l'enclume de l'opinion publique -qui veut le pilote sans libérer l'Irakienne-, sous la pression du Japon -qui privilégie son ressortissant- et des Etats-Unis qui refuse de céder aux djihadistes.

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