VIDEO. Crash d’un F-16 en Espagne: Tout comprendre à l'accident de l'avion de combat grec

ACCIDENT Au lendemain du drame, on en sait un peu plus sur les circonstances de l’accident…

W.M.

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De la fumée s'échappe de la base militaire de Los Llanos près d'Albacete (Espagne) le 26 janvier 2015 où s'est écrasé un F-16
De la fumée s'échappe de la base militaire de Los Llanos près d'Albacete (Espagne) le 26 janvier 2015 où s'est écrasé un F-16 — Josema Moreno AFP

L’armée française et l’Otan en deuil. Au lendemain du crash d’un avion de combat grec sur une base de l’OTAN dans le sud-est de l’Espagne, on en sait un peu plus sur les circonstances du drame. Retour sur l’accident en cinq questions.

Quel est le bilan humain?

Le crash a tué neuf Français et deux Grecs, les deux pilotes, tous les deux capitaines, du F-16. Parmi les Français, les morts incluent trois capitaines et un lieutenant. En outre, vingt personnes ont été blessées, 11 Italiens et 10 Français, selon le ministère espagnol de la Défense. Parmi eux, cinq souffrent de graves brûlures et ont été transférés vers un service spécialisé à Madrid. Le ministère de la Défense français a fait part d’un blessé «en situation d’extrême urgence, et deux placés en coma artificiel».

L’accident d’Albacete est le plus grave subi par l’armée de l’air française en sept ans. Le dernier remonte à octobre 2007 lorsqu’un Twin Otter s’était crashé dans le Sinaï, tuant huit militaires français et un Canadien.

Que s’est-il passé?

L’accident s’est produit vers 15h lundi, au cours d’un entraînement sur la base aérienne de Los Llanos dans la province d’Albacete (250km au sud-est de Madrid). Au moment du décollage, l’avion «a perdu de sa puissance et s’est écrasé sur l’aire de stationnement», heurtant cinq appareils qui s’y trouvaient, selon le ministère espagnol de la Défense. En plus du F-16 qui s’est abattu, deux Mirage et deux Alpha Jet ont été détruits au sol.

Les pompiers ont mis une heure à éteindre l’incendie causé par le crash, d’importantes volutes de fumée noire s’échappant de la zone de sinistre.

Quelle est cette base de l’Otan?

«C’est une école de pilotes, qui accueille dix nationalités». Les pilotes y sont formés à plusieurs spécialités, dont la guerre électronique, la reconnaissance ou le combat aérien. La base héberge aussi Tactical Leadership Program (TLP), un programme régulier de formation de l’Otan depuis 2009. Les Français viennent y partager avec leurs alliés leur expérience d’opérations aériennes complexes. Selon le site du ministère français de la Défense, c’est l’une des formations «les plus réputées et les plus exigeantes au monde» pour les pilotes de chasse. Les pilotes y sont déployés pour ces cours avec leurs appareils, aussi bien de type Mirage que F-16.

Qu’est-ce qu’un F-16, l’avion à l’origine de l’accident?

L’avion de combat grec qui s’est crashé est un F-16 Fighting Falcon, développé par les Etats-Unis depuis les années 1970. En 2013, c’était l’avion de chasse le plus utilisé dans le monde et un des plus performants. Il peut transporter deux bombes ou des missiles tout en étant capable de voler à plus de 2.000 km/h, soit deux fois la vitesse du son.

Origine accidentelle ou criminelle?

L'enquête, ouverte à Paris informe ce mardi après-midi une source judicaire, devra faire la lumière sur ce point. Une source contactée par 20 Minutes au ministère de la Défense indique que la thèse de l’accident est pour le moment privilégiée. Le crash a eu lieu au moment du décollage, une phase très critique car les réservoirs de l’avion étaient remplis de carburant et les moteurs de l’avion lancés à pleine puissance. «Il y a eu une perte de poussée manifeste», a estimé sur BFMTV Patrick Dutartre, général de l'armée de l'air. «Et puis, en enchaînement, soit une perte de commande de vol, soit il n'y a pas eu assez de poussée pour faire un demi-tour. Cela ressemble à une ingestion de corps étranger, comme un oiseau, qui a pu faire exploser le moteur et entraîner cette perte de contrôle», a-t-il détaillé. «Une enquête sera conjointement menée par la Grèce et l'Espagne», précise-t-on au ministère de la Défense.