Obama à Ryad mais pas à Paris? «C'est différent» répond la Maison Blanche

POLEMIQUE Les critiques fusent après le déplacement annoncé du président américain dans la capitale saoudienne alors qu'il ne s'était pas déplacé à Paris lors de la manifestation contre le terrorisme…

Claire Planchard

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Barack Obama avec le roi Abdallah à Ryad en Arabie Saoudite le 3 juin 2009.
Barack Obama avec le roi Abdallah à Ryad en Arabie Saoudite le 3 juin 2009. — Gerald Herbert/AP/SIPA

Nouveau rebondissement dans la polémique sur l’absence très remarquée des Etats-Unis à Paris le 11 janvier. L'absence de Barack Obama, ou de son vice-président ou de l'un de ses ministres lors de la marche contre le terrorisme qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes et une cinquantaine de dirigeants du monde avait provoqué une avalanche de critiques aux Etats-Unis. Fait rare, la Maison Blanche a fait son mea culpa le lendemain.

Le déplacement de John Kerry le 16 janvier ne semble pas avoir apaisé les esprits. Certains médias américains ont ironisé ces derniers jours sur le fait que Barack Obama ait décidé de se rendre à Ryad mais n'ait pas envisagé, à l'inverse, le déplacement à Paris dans la foulée des attentats meurtriers qui ont frappé la capitale française.

 «Les circonstances sont différentes»

En effet, le président américain a décidé d'écourter sa visite en Inde et d'annuler la visite qu'il devait effectuer mardi avec sa femme Michelle mardi au Taj Mahal, haut lieu du patrimoine indien, pour se rendre en Arabie Saoudite, où le prince Salmane vient de succéder au roi Abdallah décédé vendredi.

 «Les circonstances sont différentes», a souligné Ben Rhodes, conseiller de Barack Obama, lors d'un point de presse à New Delhi où le président américain effectue une visite de trois jours.

«Il y a une période durant laquelle différents dirigeants peuvent se rendre en Arabie Saoudite pour exprimer leurs condoléances (après le décès du roi Abdallah) et rencontrer le nouveau roi», a-t-il expliqué.

«Il y a donc une différence même si cela ne change rien au fait que nous avons clairement indiqué que nous aurions dû envoyer quelqu'un de plus haut niveau», à la marche de Paris, a-t-il poursuivi.

Programme de collaboration

Interrogé sur l'objectif de cette visite à Ryad, Ben Rhodes a indiqué que le président américain entendait d'abord «présenter ses condoléances (...) et rencontrer le nouveau roi Salmane».

«Ils évoqueront les principaux sujets sur lesquels nous collaborons très étroitement avec l'Arabie Saoudite», a-t-il ajouté, citant en particulier la campagne contre l'organisation Etat islamique «dans laquelle les Saoudiens ont participé aux opérations militaires» et la situation au Yémen.

«Il est très probable que l'Iran soit également évoqué», a-t-il ajouté.