Victoire de Syriza: La dette grecque, et maintenant?

GRECE Le pays doit théoriquement en finir fin février avec le programme d'aide de l'Union européenne...

M.C. avec AFP

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Alexis Tsipras après sa victoire aux élections à Athènes, le 25 janvier 2015.
Alexis Tsipras après sa victoire aux élections à Athènes, le 25 janvier 2015. — ARIS MESSINIS / AFP

Les Grecs ont donné dimanche une victoire historique au parti de gauche radicale Syriza, en espérant «laisser l'austérité derrière» eux. Renégociation de la dette, remontée du salaire minimum... L'Union européenne va maintenant devoir composer avec Alexis Tsipras, le nouvel homme fort du pays, et choisir entre l'affrontement et des concessions difficiles à accepter pour certains pays, comme l'Allemagne.

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Les premiers signaux seront envoyés dès lundi à l'occasion de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles sur l'avenir du programme d'aide financière dont bénéficie Athènes, avec comme corollaire le problème de sa dette colossale. Prévu de longue date, mais il tombe à point nommé. Il sera précédé par une session de travail entre les présidents du conseil européen Donald Tusk, de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

«On ne va pas échapper à une renégociation»

La victoire de Syriza a surpris par son ampleur, mais elle ne prend pas les partenaires de la Grèce par surprise. «On ne va pas échapper à une renégociation (sur la dette), la question est "Sur quoi va-t-elle porter?": les échéances, les montants, ou les deux?», confiait dimanche à l'AFP une source européenne à Bruxelles. «Pour les montants, a-t-elle ajouté, ce sera plus difficile.»

C'est pourtant bien une réduction de cette dette gigantesque (300 milliards d'euros et 175% du PIB) qu'Alexis Tsipras veut obtenir, outre la possibilité de redonner un peu d'air aux Grecs dans leur vie quotidienne: remontée du niveau du salaire minimum de 580 à 751 euros, ou suppression de certains impôts, contre l'avis de la troïka. Le président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, a pour sa part exhorté Alexis Tsipras à «ne pas faire de promesses illusoires» à ses concitoyens.

«Savoir jusqu'à quand la Grèce peut tenir en termes de trésorerie»

Les partenaires de la Grèce sont prêts à donner un délai au nouveau gouvernement grec avant de pouvoir négocier sereinement sur son plan d'aide, a assuré le ministre français des Finances, Michel Sapin. Une extension de six mois du programme actuel, déjà prolongé en décembre jusqu'à fin février, est envisageable comme première réponse, a-t-on indiqué de source européenne.

Mais le temps presse. «L'analyse est de savoir jusqu'à quand la Grèce peut tenir en termes de trésorerie», a averti Michel Sapin. «Est-ce que la Grèce est capable, fin mars, de payer ses fonctionnaires?», a-t-il ajouté.