Otage libérée en Centrafrique: «Ils me disaient: "on va te tuer, on va t'égorger, on va te tuer"»

Centrafrique Claudia Priest, enlevée le 19 janvier en Centrafrique, revient sur sa captivité et confie sa joie de retrouver la liberté...

L. C.

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L'humanitaire française qui avait été enlevée lundi à Bangui par des miliciens anti-balaka a été libérée, le 23 janvier 2015.
L'humanitaire française qui avait été enlevée lundi à Bangui par des miliciens anti-balaka a été libérée, le 23 janvier 2015. — FRENCH FOREIGN MINISTRY / AFP

Claudia Priest, l’humanitaire Française enlevée lundi 19 janvier à Bangui, capitale de la Centrafrique, a été libérée le 23 janvier 2015. Avec l’un de ses collègues centrafricains libéré en même temps qu’elle, la sexagénaire a passé cinq jours aux mains des anti-balakas, des milices chrétiennes qui s'opposent aux selekas musulmans. Encore sous le choc, elle est revenue sur sa capture et ses conditions de détention.

«Je suis tombée, on m'a traînée au sol…»

Choquée par la violence de ses ravisseurs, Claudia Priest a décrit la brutalité de sa capture. «Ils étaient vraiment très menaçants, ils avaient les armes, ils avaient les poignards, ils avaient les machettes, et ils me disaient: "on va te tuer, on va t'égorger, on va te tuer"», a-t-elle déclaré à l'AFP. Peu ou prou les même propos que plus tôt dans la journée. «On m'a frappée à la tête, on me serrait tellement les bras que j'en ai des bleus. Je suis tombée, on m'a traînée au sol…», a-t-elle confié à France 2 par téléphone.

Quant à ses ravisseurs, «ils se sont montrés menaçants et déterminés avec toutes leurs armes». «Ils criaient beaucoup et m'ont frappée», a-t-elle expliqué à BFMTV. Elle compte encore «quelques contusions et notamment des plaies aux pieds», «mais ce n'est rien», a-t-elle ajouté.

Après cette capture violente, Claudia Priest a expliqué à BFMTV avoir «beaucoup parlé» avec ses geôliers. «Ils se sont rendus compte que ce que l'on faisait depuis dix ans en Centrafrique, c'était du bénévolat», pour le compte de l'ONG catholique CODIS qui opère notamment des enfants handicapés.

Dans un second temps, ce sont des hommes sans armes qui ont surveillé Claudia Priest et son collègue, sans que cela n'empêche «des hauts et des bas» selon elle. «Je voyais les jours passer, et même si on m'assurait que la libération était proche, passé midi on se disait que c'était fichu. La nuit paraissait toujours dangereuse car les hommes en armes pouvaient revenir.»

Des conditions de détention éprouvantes

Les deux otages étaient détenus en pleine brousse. «On était au milieu de nulle part sans pouvoir communiquer. Il n'y avait pas de réseau, ni rien. Et je me disais que s'il arrivait quelque chose, très loin de tout, de tout hôpital, là ça va être très difficile...», se souvient-elle avec angoisse.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a critiqué les conditions de détention des otages. Après s’être réjoui de leur libération vendredi 23 janvier, il a condamné leurs ravisseurs, précisant que les captifs n’avaient jamais reçu les couvertures envoyées par Paris. «Ils ont eu très froid», a-t-il déploré.

«Je suis bien, je me sens bien, je me sens légère !»

Claudia Priest devrait regagner Paris dimanche 25 janvier dans l’après-midi. Elle dit savourer sa liberté retrouvée et regagner un semblant de sérénité.

«Je suis bien, je me sens bien, je me sens légère !», a-t-elle confié à France 2, décrivant des retrouvailles très émouvantes avec ses proches, et notamment son mari. «Il y avait aussi ma fille, mes petits-enfants, et j'étais vraiment très très émue, surtout pour mes petits-enfants qui se faisaient déjà du souci avant mon départ.»