VIDEO. Djihad: Parcours et déclarations d’un ancien militaire passé dans les rangs de Daesh

TERRORISME Il est revenu en France à cause des combats «fratricides» entre les factions islamistes anti-Bachar…

William Molinié

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Un djihadiste de Daesh dans la vidéo montrant l'éxécution de Peter Kassig et de pilotes de l'armée syrienne
Un djihadiste de Daesh dans la vidéo montrant l'éxécution de Peter Kassig et de pilotes de l'armée syrienne — anonyme
  • Le Point révèle le PV d'audition d'un ancien militaire français parti rejoindre les rangs de Daesh
  • L'homme est rentré en France, dit-il, à cause des combats fratricides entre les factions islamistes anti-Bachar
  • Des anciens militaires qui partent faire le Djihad, ce n'est pas nouveau. La France connaît un précédent, celui du «Gang de Roubaix» dans les années 1990

Une demi-douzaine d’anciens soldats français ont rejoint l’Organisation état islamique (EI), a reconnu Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, préférant rendre public une information qui circulait depuis plusieurs semaines dans les milieux informés. Surtout depuis qu’Erwan G., ancien lieutenant parachutiste, a été interrogé par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à son retour en France l’été dernier.

L’homme, ancien militaire de l'infanterie parachutiste, a d’abord rejoint les rangs d’Al-Qaida avant de se tourner vers Daesh, rapporte Le Point qui révèle le contenu de ses déclarations aux services de renseignement. Envoyé en première ligne, il combat Jabaht al-Nosra (groupe armé affilié à Al-Qaida) et l’armée syrienne libre en Syrie au cours d’affrontements fratricides entre les différentes fractions anti-Bachar.

«J'ai mes idéaux»

«L'ennemi de l'armée française, de ce que j'ai constaté, ce sont les musulmans. L'armée française est l'ennemie des moudjahidine qui se battent pour les musulmans puisque l'armée française combat les musulmans. Donc la France par extension est l'ennemie de l'islam», a-t-il dit aux enquêteurs lors de son interrogatoire.

Mais selon lui, la raison de son retour en France n’est pas de «commettre des attentats». A l’inverse, il dit être revenu à cause des combats entre factions islamistes. «Si j'ai finalement quitté l'État islamique, c'est parce qu'il y a des groupes en son sein qui oublient qui est le vrai ennemi. Ça devient une lutte de pouvoir intestine et je n'adhère pas. J'ai mes idéaux», a-t-il poursuivi.

Un précédent: Lionel Dumont

Ce n’est pas la première fois que des anciens militaires partent faire le djihad. Ainsi, dans l’enquête sur le «Gang de Roubaix», qui faisait des braquages pour financer la cause islamiste lors de la guerre de Bosnie, Lionel Dumont, un des créateurs, était un ancien militaire.

Il était notamment parti avec son régiment en Somalie dans le cadre de l’opération humanitaire internationale «Oryx». C’est à son retour, révolté des atrocités commises, qu’il commence à fréquenter une mosquée prônant un islam radical à Roubaix, avant de rejoindre les brigades islamistes de l’armée bosniaque.

Un parcours retracé dans ce documentaire d'Olivier Pighetti: