VIDEO. Qui sont les deux otages japonais de Daesh?

TERRORISME Leurs ravisseurs menacent de les exécuter à moins que le gouvernement nippon ne verse une rançon de 200 millions de dollars...

A Tokyo, Mathias Cena

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Un guide syrien montre la photo de Kenji Goto, l'un des deux japonais retenus en otage, le 21 janvier 2015.
Un guide syrien montre la photo de Kenji Goto, l'un des deux japonais retenus en otage, le 21 janvier 2015. — Masaya Kurosaki/AP/SIPA

Alors que l’ultimatum fixé par leurs ravisseurs expire dans moins de vingt-quatre heures, deux Japonais seraient toujours retenus par l’organisation de l’Etat islamique, qui menace de les exécuter à moins que le gouvernement nippon ne verse une rançon de 200 millions de dollars. Qui sont ces deux hommes aux profils très différents et que faisaient-ils en Syrie? 20 Minutes fait le point.

Un journaliste parti chercher l’autre otage

Kenji Goto, un journaliste indépendant qui fournissait des sujets aux télévisions japonaises, fait des reportages en Syrie depuis quatre ans mais ne s’est jamais considéré comme un reporter de guerre, écrit le Japan Times. L’homme de 47 ans, originaire de Sendai, au nord-est du Japon, veut «raconter l’histoire des gens qui souffrent mais essaient de vivre».

Il a quitté le Japon le 22 octobre dernier pour gagner la Syrie via la Turquie, selon le gouvernement nippon. Là, le journaliste aurait engagé un guide, avec lequel il se serait dirigé vers la ville d’Alep pour «effectuer des reportages sur les zones occupées par Daesh». Il pensait être de retour au Japon environ une semaine plus tard, selon des déclarations faites à ses proches.

Mais dans une vidéo réalisée en octobre dernier, le journaliste expliquait qu’il partait chercher l’autre otage, Haruna Yukawa, certainement capturé par l’organisation terroriste au cours de l’été dernier, ajoutant: «S'il m'arrivait quelque chose, la responsabilité m'en incomberait totalement.»

Le 1er novembre, Kenji Goto aurait téléphoné à une connaissance syrienne en lui disant qu’il avait été trahi par un guide et capturé par un groupe djihadiste, selon le journal Mainichi Shimbun. Quelques jours plus tard, la femme du journaliste aurait reçu des nouvelles des ravisseurs, puis en décembre un mail demandant une rançon de 2 milliards de yens (14,5 millions d’euros) en échange de son mari.

Haruna Yukawa, un profil trouble

Les deux hommes avaient fait connaissance en avril ou mai dernier dans le nord de la Syrie, où Haruna Yukawa, patron d’une petite société ayant pour mission d'assurer la sécurité des Japonais à l’étranger, était retenu prisonnier. L’homme aurait été libéré avec l’aide de Kenji Goto et les deux hommes seraient restés en contact par la suite.

Haruna Yukawa était apparu dans une vidéo en août dernier, dans laquelle on voyait ses ravisseurs l'interroger brutalement. Les médias avaient rapporté à l'époque que l'homme, qui avait perdu sa femme, son entreprise et sa maison ces dernières années, avait vécu dans un jardin public pendant un mois. Il aurait tenté de se mutiler et de se suicider à plusieurs reprises.