«J'ai vu les balles frapper le corps des gens»

P. K.

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Alec Calhoun, 20 ans, était en cours de mécanique, lorsqu’il a entendu un bruit assourdissant, un peu comme «un énorme marteau». Selon lui, toute la classe a paniqué quand les élèves se sont rendu compte qu’il s’agissait de coups de feu, certains ont même cherché à se barricader, «d'autres se sont précipité vers les fenêtres de cette salle située au premier étage et ont sauté. J'ai du être le huitième ou le neuvième à sauter, et je crois que j'étais le dernier».

Les deux étudiants qui se trouvaient derrière lui ont été atteints par les balles, mais ils ont eu la vie sauve, pense-t-il. Le jeune homme a regardé son professeur avant de sauter. Il était resté dans la salle sans doute pour bloquer la porte. Il figure sur la liste des tués.

«Les coups de feu semblaient durer éternellement»

Trey Perkins, 20 ans, se trouvait aussi en cours d’allemand, dans le Norris Hall. Il raconte que le forcené a surgi dans la pièce à environ 9h50. Il a ouvert le feu pendant une minute et demie, tirant une trentaine de coups de feu. Le tueur a d'abord tiré une balle dans la tête du professeur d'allemand, avant d'ouvrir le feu sur les étudiants. Il avait «un regard très sérieux, mais très calme. Tout le monde s'est jeté à terre à ce moment. Et les coups de feu semblaient durer éternellement.»

«Je faisait partie des quatre personnes sur une bonne vingtaine qui se sont relevées après la fusillade. Les autres étaient morts ou blessés», témoigne Erin Sheehan. Avant la fusillade, le tueur «a jeté un coup d'oeil (dans la classe) à deux reprises, plus tôt, pendant le cours, comme s'il cherchait quelqu'un, avant de commencer à tirer».

«Ils nous disaient de lever nos mains en l’air»

«J'ai vu les balles frapper le corps des gens, poursuit-elle. Il y avait du sang partout». Le tueur est sorti de la salle, puis est revenu trente seconde plus tard. Les étudiants survivants ont bloqué la porte. Il a essayé par trois fois de l’ouvrir, puis a tiré à travers la porte.

Tiffany Otey passait un examen, elle s’est réfugiée avec une vingtaine de personnes dans le bureau d’un enseignant qui fermait à clef. «Les policiers nous disaient de lever nos mains en l’air et qu’ils nous tireraient dessus si nous ne coopérions pas. Je pense qu’ils avaient peur que le tueur se cache parmi nous. Nous aussi d’ailleurs.»