Carnage dans une fac américaine

VIOLENCES Au moins trente-deux personnes ont été tuées et vingt et une blessées, selon un bilan officiel et provisoire...

Armelle Le Goff

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Une tragédie sans précédent. Au moins trente-deux personnes ont été tuées et vingt et une blessées, selon un bilan officiel et provisoire, dans deux fusillades hier matin sur le campus de Virginia Tech, à Blacksburg, en Virginie. Le massacre est, à ce jour, le plus meurtrier de l'histoire dans un établissement scolaire américain.Le tireur, seul a priori, serait lui aussi décédé. « Nous ne savons pas si c'était un étudiant », a précisé le chef de la police de l'université. Dès les premiers tirs, à 7 h du matin dans une des résidences du campus, l'administration aurait demandé à ses 28 000 étudiants de s'enfermer « là où ils se trouvaient ». A juste titre. Deux heures plus tard, les tirs devaient reprendre dans un autre bâtiment où se trouvent des salles de classe. Tous les cours ont été annulés jusqu'à nouvel ordre. Une cérémonie de deuil est prévue aujourd'hui à midi.Traumatisés, les étudiants avouaient hier ne pas comprendre « comment quelqu'un a ainsi pu entrer avec une arme sur un campus et se mettre à tirer sur des innocents », comme l'expliquait, le souffle court, Elizabeth Stewart, une étudiante, sur CNN. D'autres évoquaient les scènes de chaos de la matinée : « Des dizaines de coups de feu » et « des étudiants qui couraient comme des fous ». Certains racontent avoir vu « des élèves porter ce qui ressemblait à des corps jusqu'aux ambulances ». Réfugiée chez elle, une autre étudiante s'interrogeait déjà sur les conditions de sécurité prévues par l'administration. En août dernier, en effet, un prisonnier évadé s'était réfugié sur le campus. L'homme avait été arrêté, mais un gardien et un policier avaient été tués.

réactions Bush s'est dit « horrifié », selon la Maison Blanche, qui n'a pas évoqué son éventuel déplacement. « Je ne peux exprimer à quel point je suis touché par cet acte atroce », a déclaré le président de l'université.