Yémen: Le palais présidentiel tombe aux mains des rebelles chiites, un coup d'Etat se profile

MOYEN-ORIENT La puissante milice chiite au Yémen encerclait mardi la résidence du chef de l'Etat...

20 Minutes avec AFP

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Miliciens chiites à Sanaa le 20 janvier 2015.
Miliciens chiites à Sanaa le 20 janvier 2015. — Hani Mohammed/AP/SIPA

Comme une ambiance de coup d'Etat. La puissante milice chiite au Yémen s'est emparée mardi du palais présidentiel à Sanaa et encerclait la résidence du chef de l'Etat, un ministre l'accusant de tentative de coup d'Etat dans ce pays au bord du chaos.

Les combats entre miliciens et soldats se poursuivaient à Sanaa, ont indiqué des témoins alors qu'il n'était pas possible dans l'immédiat de connaître le sort du chef de l'Etat Abd Rabbo Mansour Hadi. Le patron de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à un arrêt immédiat des combats, tandis que le Conseil de sécurité était réuni à huis clos pour évoquer l'interminable crise dans ce pays meurtri par de multiples conflits et où est basée l'une des branches les plus dangereuses du réseau Al-Qaïda.

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Appelés houthis, les combattants de la milice Ansaruallah, qui contrôlent depuis septembre une grande partie de la capitale, se sont emparés du palais présidentiel dans le sud de Sanaa, a annoncé un responsable militaire.

«Les houthis sont entrés dans le complexe et pillent des armes dans les dépôts», a-t-il dit à l'AFP. Un cadre houthi, Ali Al-Bukhaiti, a confirmé sur son compte Facebook «la prise du complexe présidentiel». Parallèlement, de violents affrontements avaient lieu près de la résidence d'Abd Rabbo Mansour Hadi (ouest), entre soldats et combattants d'Ansaruallah. Au moins deux soldats ont été tués, selon des sources médicales.

Objectif: «Renverser le régime»

Les miliciens chiites d'Ansaruallah «veulent renverser le régime», a affirmé la ministre de l'Information Nadia Sakkaf sur son compte Twitter. «Le président du Yémen est la cible d'une attaque de miliciens armés», a-t-elle ajouté. Les combats qui ont poussé plusieurs ambassades occidentales dont celle de France à fermer leurs portes, avaient repris après une brève trêve lundi, journée durant laquelle neuf personnes ont été tuées et 67 blessées.

Cette dernière bataille, la plus dangereuse depuis le début du conflit avec les houthis, a été provoquée par le refus des miliciens chiites d'entériner un projet de Constitution sur une structure fédérale qui les priverait notamment d'un accès à la mer.

Ces miliciens, qui n'ont cessé de monter en puissance depuis leur entrée à Sanaa le 21 septembre, semblent bénéficier du soutien de l'ex-président Ali Abdallah Saleh qui garde une forte influence et des réseaux qu'il a soigneusement tissés dans l'armée et parmi des tribus durant ses 33 ans de présidence.