Violences en RDC: Les autorités ordonnent de couper Internet à Kinshasa

CRISE Les heurts se poursuivent entre les forces de l'ordre et des jeunes opposés au président Joseph Kabila...

20 Minutes avec AFP

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Crise à Kinshasa, en RDC, le 19 janvier 2015.
Crise à Kinshasa, en RDC, le 19 janvier 2015. — John Bompengo/AP/SIPA

Couper le Web pour calmer le jeu? Les autorités congolaises ont ordonné mardi de couper l'Internet à Kinshasa, où des troubles se poursuivaient au lendemain d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et jeunes opposés au président Joseph Kabila, a-t-on appris auprès d'opérateurs de télécommunications.

«L'Agence nationale du renseignement (ANR) nous a donné l'ordre de couper Internet pour Kinshasa jusqu'à nouvel ordre», a déclaré à l'AFP le responsable d'un opérateur sous le couvert de l'anonymat. «A ma connaissance, cela s'applique à tous les opérateurs», a indiqué un autre. L'ANR n'avait pu être jointe par l'AFP en début d'après-midi.

Pas de SMS ni de 3G

En outre, les envois de SMS étaient impossibles depuis le début de la matinée de mardi et les services 3G étaient indisponibles, selon des journalistes de l'AFP et de nombreux habitants. Cette coupure de services de télécommunications intervient alors que Kinshasa était en proie mardi à de nouveaux troubles, avec des affrontements épars entre policiers et habitants dans les quartiers sud principalement.

Des journalistes de l'AFP ont vu un mini-bus brûler et ont assisté au pillage d'un magasin tenu par des Chinois, auquel des soldats ont rapidement mis fin en tirant en l'air. A la mi-journée, des milliers de personnes quittaient le centre-ville pour regagner leur quartier, en l'absence de transports en commun, et alors que les boutiques qui avaient ouvert fermaient les unes après les autres.

Quatre personnes au moins, dont deux policiers, ont été tuées lundi à Kinshasa, selon un bilan gouvernemental, lors de violences qui ont éclaté alors que des opposants avaient appelé la population à «occuper massivement le Parlement» pour protester contre le projet de loi électorale en cours d'examen. Le gouvernement a reconnu que ce texte risque d'entraîner un report de la présidentielle de 2016. Ce qui permettrait à Kabila, à la tête de la République démocratique du Congo depuis 2001, de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat.