Sénégal: Un site gouvernemental piraté par des hackers pro-Charlie Hebdo

SENEGAL Les hackers, qui se réclament des Anonymous, reprochent au Sénégal l'interdiction de la diffusion dans le pays du dernier numéro de Charlie Hebdo...

M.C. avec AFP
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Des manifestants arborent des masques Anonymous à Romes le 14 novembre 2014.
Des manifestants arborent des masques Anonymous à Romes le 14 novembre 2014. — CIAMBELLI/SIPA

Le site d'une agence officielle sénégalaise a été piraté dimanche par un groupe se réclamant des Anonymous et reprochant au Sénégal l'interdiction de la diffusion dans le pays du dernier numéro de Charlie Hebdo, selon des sources concordantes.

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Des blogueurs et internautes sénégalais ont publié sur les réseaux sociaux des captures d'écran du site de l'Agence de l'informatique de l'Etat (ADIE, rattachée à la présidence), qui a reconnu avoir «subi une série d'attaques» informatiques. «Propriété d'Anonymous. Eh bien, vous avez interdit la caricature de la Une de Charlie Hebdo ? Mauvais choix», peut-on lire sur une des images postées sur Twitter:

«La liberté d'expression a été meurtrie. Charlie Hebdo, une figure historique du journalisme satirique, a été pris pour cible par des lâches. Attaquer la liberté d'expression, c'est attaquer Anonymous. Nous ne le permettons pas. (...) Nous vous traquons», selon un autre message des hackers retranscrit par le blogueur Cheikh T. Cissé.

«Charlie Hebdo» et «Libération» interdits le 14 janvier

«L'ADIE a subi une série d'attaques sur son site web aujourd'hui (dimanche). Nos services dédiés ont réussi à corriger les infiltrations», a affirmé l'agence dans un bref communiqué. «Dans le contexte actuel où plus de 20.000 sites web sont touchés en quatre jours à travers le monde», la direction «a décidé de renforcer l'équipe de veille et pour des raisons évidentes de sécurité, l'ADIE ne peut donner plus d'informations stratégiques», a-t-elle conclu.

Le Sénégal a interdit le 14 janvier la diffusion de l'édition du même jour de l'hebdomadaire Charlie Hebdo et du quotidien français Libération, publiant une caricature présentée comme celle du prophète Mahomet. Le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, également président de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), avait participé à la marche à Paris, s'attirant des critiques au Sénégal, République laïque comptant plus de 90% de musulmans.