Six condamnés, dont cinq étrangers, exécutés en Indonésie pour trafic de drogue

INDONESIE La France a fait part de sa «préoccupation» quant au sort de son ressortissant Serge Atlaoui, condamné lui aussi à la peine capitale pour avoir travaillé dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy...

M.C. avec AFP
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La police indonésienne renforce la sécurité devant la prison de l'île de Java où doit avoir lieu l'exécution des condamnés à mort, le 17 janvier 2015.
La police indonésienne renforce la sécurité devant la prison de l'île de Java où doit avoir lieu l'exécution des condamnés à mort, le 17 janvier 2015. — andika / AFP

L'Indonésie a procédé dimanche à l'exécution de six personnes, dont cinq étrangers, condamnés à mort pour trafic de drogue. Deux femmes figurent parmi les détenus exécutés, dans ce que l'ONG de défense des droits de l'Homme Amnesty international a dénoncé comme une «régression grave» pour l'Indonésie.

L'Union européenne avait appelé Jakarta à renoncer à ces exécutions. La présidente brésilienne Dilma Rousseff, dont un compatriote figure parmi les exécutés, a exprimé ses regrets et estimé que cette mise à mort allait «affecter les relations entre les deux pays».

Fusillés par un peloton d'exécution

Il s'agit des premières exécutions depuis l'arrivée au pouvoir en octobre du président Joko Widodo, dont l'élection avait suscité des espoirs d'assouplissement en la matière. En décembre, le président avait cependant déclaré qu'il n'y aurait «pas de grâce» pour les affaires de drogue, qui plongent l'Indonésie dans un «état d'urgence».

Les six condamnés, parmi lesquels des ressortissants des Pays-Bas, du Brésil, de Malawi, du Vietnam et du Nigeria, ont été fusillés par un peloton d'exécution aux premières heures du jour. Ils avaient été condamnés entre 2000 et 2011 pour trafic de drogue, à l'exception d'un citoyen des Pays-Bas de 62 ans, Ang Kiem Soei, qui avait été reconnu coupable d'avoir organisé la production d'ecstasy à grande échelle. Tous avaient formulé une demande de grâce, rejetée par le président Joko Widodo.

Une grand-mère britannique dans le «couloir de la mort»

L'Indonésie avait interrompu les exécutions en 2008, avant de les reprendre l'an passé. La législation de l'archipel en matière de trafic de drogue est l'une des plus sévères du monde. Une grand-mère britannique de 56 ans arrêtée en 2013 à Bali avec près de cinq kilos de cocaïne est actuellement dans le «couloir de la mort», de même que deux Australiens. Selon les autorités, une vingtaine de détenus au total sont en attente d'exécution.

La France a fait part vendredi de sa «préoccupation» quant au sort de son ressortissant Serge Atlaoui, condamné en 2007 à la peine capitale pour avoir travaillé dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy, près de Jakarta. Arrêté en 2005, l'homme a déposé un recours devant la Cour suprême, qui ne s'est pas encore prononcée. «La France ne souhaite pas que la peine capitale soit utilisée», a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, en visite à Jakarta.