A Paris, «l'ami» John Kerry a tenté de faire oublier le couac américain

DIPLOMATIE Le secrétaire d'Etat a rencontré François Hollande, vendredi...

P.B. avec AFP
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Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a été reçu à Paris par François Hollande, le 16 janvier 2015.
Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a été reçu à Paris par François Hollande, le 16 janvier 2015. — WITT/SIPA/AP

Une longue étreinte un peu maladroite avec le président français, des mots simples de compassion et un périple sur les lieux des attentats à Paris: l'Américain John Kerry a multiplié vendredi hommages et gestes de solidarité avec la France endeuillée par de sanglantes attaques la semaine dernière.

Avec cette visite, assez peu protocolaire et empreinte d'émotion, le secrétaire d'Etat américain a tout fait pour faire oublier la sous-représentation de son pays à la marche historique dimanche à Paris contre le terrorisme.

«Big hug»

«Nous partageons la douleur du peuple français», a résumé Kerry, francophile et francophone, en rencontrant tôt le président François Hollande. «Je voulais être ici avec tout Paris, toute la France», a-t-il dit plus tard, lors d'une cérémonie à la mairie de Paris.

L'image de John Kerry et de François Hollande partageant un "big hug" (grosse accolade en anglais) au pied du perron de l'Elysée répond, cinq jours plus tard, à celle, non moins stupéfiante, de dizaines de dirigeants internationaux manifestant à Paris contre le terrorisme.

L'absence d'un haut responsable américain à cette marche historique - Washington n'était représenté que par son ambassadrice Jane Hartley - a provoqué une polémique outre-Atlantique, la Maison Blanche devant même faire son mea culpa en reconnaissant une erreur d'appréciation.

«C'était très bien», selon Fabius

La France, elle, n'en a pas pris ombrage. Mais «c'était bien que (John Kerry) soit là (aujourd'hui). C'était très bien», s'est félicité vendredi son homologue français Laurent Fabius, en affirmant que Kerry s'était excusé de ne pas avoir été présent à la marche de dimanche, ce que l'intéressé a démenti.

Tout ça s'est terminé en chanson lors d'une réception à la mairie de Paris, en compagnie d'Anne Hidalgo. Le chanteur américain James Taylor a interprété son tube You Have a friend, «Tu as un ami». Subtile.