15 ans de guerre civile en Algérie

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Depuis 1992, plus de 100.000 personnes ont été tuées en Algérie. Retour sur les grandes dates de la guerre civile.

1992
12 janvier: annulation du second tour des élections législatives, au lendemain de la démission forcée du président Chadli Bendjedid. Le Front islamique du salut (FIS), qui avait remporté en décembre 1991 une large victoire au premier tour des législatives (les premières élections pluralistes depuis l'indépendance en 1962), dénonce un «coup d'Etat de la junte militaire».

14 janvier: Création du Haut comité d'Etat (HCE), présidé par Mohammed Boudiaf, qui instaure l'état d'urgence en février (toujours en vigueur).

4 mars: Dissolution du FIS. La violence s'amplifie.

29 juin: Assassinat du président Boudiaf par un garde du corps, dans des circonstances troubles.

15 juillet: Le président du FIS, Abassi Madani, et le vice-président Ali Belhadj, emprisonnés depuis 1991, sont condamnés à 12 ans de prison.


1994
30 janvier: Liamine Zéroual devient chef de l'Etat.

24 décembre: Le Groupe islamique armé (GIA) détourne un Airbus d'Air France vers Marseille (sud de la France): 3 passagers et les quatre terroristes tués.

1995
30 janvier: Attentat à la voiture piégée devant le commissariat central d'Alger (42 morts, 286 blessés).
Juillet-octobre: Campagne d’attentat du GIA en France en France (10 morts, 200 blessés).

1996
27 mars: Sept moines français sont enlevés à Tibéhirine, au sud d'Alger. Le GIA revendique leur assassinat.

28 novembre: Une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président et interdisant les partis religieux est adoptée par référendum.

1997-1998
Plusieurs massacres de masse sont perpétrés contre des civils aux portes d'Alger puis dans l'ouest du pays. Ils sont revendiqués par le GIA.

1999
15 avril: Abdelaziz Bouteflika est élu président. Une victoire contestée par l'opposition. Il sera réélu à la tête de l'Etat en avril 2004.

6 juin: L'Armée islamique du salut (AIS, branche armée du FIS), en trêve depuis octobre 1997, dépose les armes.

13 juillet: Promulgation de la loi sur la «concorde civile», prévoyant une amnistie partielle des islamistes armés. Elle est approuvée le 16 septembre par référendum (98,63%).

Novembre: les violences reprennent après une relative accalmie.

2000
13 janvier: Fin du délai accordé aux groupes islamistes armés pour se rendre. Le GIA et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), créé en 1998 par un dissident du GIA, Hassan Hattab, et affilié au groupe Al-Qaïda, rejettent la main tendue.

Décembre: la violence s'intensifie pendant le Ramadan

2001
Au moins 1.900 personnes, dont près de 600 islamistes armés, sont tuées pendant l'année. Une révolte éclate en Kabylie dure trois mois. Elle est violemment réprimée: plus de 100 personnes trouvent la mort.

2002
8 février: le chef du GIA Antar Zouabri est tué par les forces de sécurité dans le sud d'Alger.

2003
février-août: 32 touristes européens sont pris en otage pendant plusieurs mois dans le désert algérien, puis malien, par le numéro 2 du GSPC, «Abderrezak le Para», qui sera arrêté et livré à l'Algérie par la Lybie en octobre 2004.

Second semestre: net recul de la violence avec moins de 250 morts, dû à l'affaiblissement et l'atomisation des groupes armés.

2004
18 juin: Le chef du GSPC, Nabil Sahraoui, et quatre de ses adjoints sont tués par l'armée algérienne en Kabylie. Le groupe se réorganise rapidement.

2005
4 janvier: Les autorités annoncent «le démantèlement quasi-total» du GIA. Un seul groupe armé reste encore en activité, le GSPC, qui rejette toute politique de réconciliation et continue de faire des victimes.

14 août: Le chef de l'Etat annonce un référendum sur «un projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale» offrant le pardon «à ceux qui se sont trompés de chemin», hormis les personnes «impliquées dans les massacres collectifs, les viols et les attentats à l'explosif dans les lieux publics».

2006
Octobre: Dans la nuit du 29 au 30, une vague d'attentats à Dhergana et Reghaia, près d'Alger, fait 3 morts et une vingtaine de blessés.

2007
8 Avril: Neuf militaires et au moins six islamistes armés sont tués dans un accrochage à Aïn Defla, à 160 km à l'ouest d'Alger.