Belgique: Finalement, le violeur Frank Van Den Bleeken ne sera pas euthanasié

FIN DE VIE Le ministère de la Justice aurait finalement décidé de le transférer dans un centre psychiatrique...

V.V. avec AFP

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Frank Van Den Bleeken, un violeur en série condamné qui demande depuis longtemps à être autorisé à mourir pour des motifs psychologiques, le 25 novembre 2013 à Bruxelles
Frank Van Den Bleeken, un violeur en série condamné qui demande depuis longtemps à être autorisé à mourir pour des motifs psychologiques, le 25 novembre 2013 à Bruxelles — Virginie Lefour Belga

Pas le temps de polémiquer. Le violeur interné en Belgique depuis vingt-six ans ne sera finalement pas euthanasié dimanche, comme l'avait dans un premier temps annoncé le ministère de la Justice belge. Les médecins du violeur et meurtrier belge Frank Van Den Bleeken ont «décidé de ne plus continuer la procédure d'euthanasie» qui devait intervenir dimanche, a annoncé mardi le ministre belge de la Justice, Koen Geens.

Frank Van Den Bleeken, un quinquagénaire qui avait demandé à bénéficier de la loi belge de 2002 autorisant l'euthanasie en raison de souffrances psychiques, sera transféré vers un centre psychiatrique spécialisé récemment ouvert à Gand, a précisé le ministre dans un communiqué.

Des raisons «médicales»

Le ministre en a profité pour promettre un meilleur encadrement des personnes atteintes de «troubles psychiques profonds». «Le ministre de la Justice, Koen Geens, prend acte de la décision des médecins traitants de Monsieur Frank Van Den Bleeken de ne plus continuer la procédure d'euthanasie», qui devait se dérouler dimanche dans l'aile médicalisée de la prison de Bruges, a indiqué un communiqué du ministère. Le ministre n'a fourni aucune précision sur les motifs de ce revirement, indiquant seulement que «les motivations personnelles de cette décision relèvent du secret médical».

Le ministre de la Justice a indiqué mardi avoir «décidé de transférer» Frank Van Den Bleeken au Centre psychiatrique légal de Gand, une institution ouverte en novembre, en vue de développer un «trajet adapté de soins». En outre, selon Koen Geens, des «contacts très récents et intenses» avec les autorités néerlandaises «offrent une claire perspective d'un transfert rapide vers un centre spécialisé dans les longs séjours d'internement».

Cette affaire a souligné les limites de la loi de 2002 autorisant dans certaines conditions l'euthanasie, dont la présence «d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable». La Ligue belge des droits de l'Homme (LDH) a notamment jugé que le choix de Frank Van Den Bleeken était «le résultat direct des manquements de l'Etat Belge à son obligation de prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux».