Plus de 30 morts à Alger

Rédaction web

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Victimes de l'attentat près du Palais du gouvernemement à Alger, le 11 avril 2007
Victimes de l'attentat près du Palais du gouvernemement à Alger, le 11 avril 2007 — Louafi Larbi / Reuters
La télévision Al-Jazira a annoncé mercredi avoir reçu un appel téléphonique dans lequel un interlocuteur se présentant comme un porte-parole du mouvement Al-Qaida au Maghreb a revendiqué les attentats d'Alger.

Officiellement, au moins 33 personnes ont été tuées et plus de 220 blessées, mercredi, dans deux attentats quasi simultanés dans la capitale algérienne.

Les deux attaques ont été perpétrés à l'aide de voitures piégées par des kamikazes qui se sont fait exploser, ont déclaré des responsables des services de sécurité algériens. «C'est un attentat kamikaze. Le conducteur était encore dans son véhicule», avait raconté à 20minutes.fr un expatrié français qui s'était rendu sur les lieux.

Le premier attentat, une voiture piégée, a eu lieu à 10h45 locales (11h45 en France) près du Palais du gouvernement, siège du Premier ministre, dans le centre ville d'Alger. Il a fait neuf morts et 32 blessés, selon la Protection civile algérienne. Le souffle de l'explosion a été entendu dans toute la ville.

A peine dix minutes plus tard un autre attentat, perpétré par trois voitures piégées a pris pour cible le commissariat de police de Bab Ezzouar, dans la banlieue est d'Alger, près de l'aéroport international. Trois véhicules piégés au total ont explosé, faisant huit morts et 50 blessés.

Un des véhicules a entièrement détruit un piste électrique de la compagnie publique de l'Electricité et du Gaz (Sonelagaz), selon des témoins.
Bab Ezzouar est une immense zone d'habitations abritant notamment l'université des sciences et des technologies.

A l'approche des élections


Selon Reuters qui cite l'agence de presse algérienne APS, le premier attentat du centre ville visait les bureaux du Premier ministre algérien, Abdelaziz Belkhadem. Il s'agit d'actes «criminels et lâche commis au moment où le peuple algérien demande la réconciliation nationale», a-t-il déclaré à la radio algérienne.

Ces deux attaques interviennent à un mois des législatives algériennes.

Juste après l'explosion près du Palais du gouvernement, des milliers de personnes sont descendues dans les rues, tandis que de nombreuses ambulances de pompiers et de la sécurité civile ont été dépêchées sur les lieux. La police s'est aussitôt déployée dans le quartier pour contenir la foule inquiète. Le quartier des ambassades a également été bloqué.

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Des débris de verre jonchaient le sol sur un rayon de 200 à 300 mètres à l'entrée du Palais et sur l'esplanade de l'immense bâtisse de plusieurs étages, héritée de la présence française. Un épais nuage de fumée noire se dégageait du lieu de l'explosion, tandis qu'un grand nombre d'ambulances affluaient aux abords du palais pour secourir les blessés, dont certains étaient gravement atteints.

Série meurtrière

Ces attentats sont les derniers d’une série meurtrière amorcée en février. Sept attentats quasi simultanés, signés par Al-Qaida, avaient alors fait six morts en Kabylie, à l'est d'Alger. Le 3 mars, quatre employés d’une société russe ont trouvé la mort dans un attentat à 100 kilomètres au sud-ouest d’Alger, également revendiqué par le groupe Al Qaida au Maghreb islamique/GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). Samedi dernier, enfin, neuf militaires et au moins six islamistes armés ont été tués dans un accrochage à Aïn Defla, à 160 km à l'ouest d'Alger.

Ces attentats à Alger interviennent également au lendemain de la mort de quatre islamistes à Casablanca, la capitale économique du Maroc, où trois kamikazes ont fait exploser leurs charges, un quatrième a été abattu avant d'actionner ses explosifs et un policier a été tué.