Le Pape nomme des cardinaux de tous les horizons

RELIGION Pour la première fois les «princes de l'Eglise» sont aussi birmans ou tongiens...

20 Minutes avec agence

— 

Le pape François au Vatican le 22 novembre 2014
Le pape François au Vatican le 22 novembre 2014 — Gabriel Bouys AFP

Décidément, ce Pape François n'en finit plus de secouer l'Eglise. Après avoir dénoncé la complicité d'une partie du clergé concernant la pédophilie, appelé à la liberté religieuse ou encore associé, dans un même discours, Curie et «l'Alzheimer spirituel» ou «fossilisation mentale», le pape argentin ultra-populaire vient d'annoncer la nomination, le 14 février, de 20 nouveaux cardinaux.

Parmi eux, quinze viennent de 14 pays, sont âgés de moins de 80 ans et donc électeurs en cas de conclave. Un coup de pied dans la fourmilière de «têtes d'enterrement», alors que seul le Français, Mgr Dominique Mamberti, ancien ministre des Affaires étrangères du Vatican, figure parmi les 15 nouveaux cardinaux électeurs.

Un Français nommé cardinal

Mgr Mamberti est le seul membre de la curie, le gouvernement du Vatican que veut réformer le pape François, à avoir été nommé (1). Par ce choix, le pape François, qui avait avoué qu'il se sentait parfois «anticlérical», confirme sa volonté d'ouvrir davantage l'Eglise aux régions les plus éloignées de son centre.

Ainsi, seuls quatre Européens, -dont deux Italiens, un Espagnol, l'archevêque de Valladolid, Mgr Ricardo Blázquez Pérez, et un Portugais, le patriarche de Lisbonne, Mgr Manuel José Macário do Nascimento Clemente- vont rejoindre le 14 février, les « princes de l'église ». Pour le reste, le pape François a innové, comme il l'avait déjà fait en février 2014, en  choisissant des prélats issus de diocèses où jamais aucun cardinal n'avait été créé.

Pas d'Américain, ni de Canadien

L'archevêque de Rangoun, Mgr Charles Maung Bo, sera ainsi le premier cardinal birman dans l'histoire de l'église. Celui de Bangkok, Mgr Francis Xavier Kriengsak Kovithavanij, et celui d'Hanoï, Mgr Pierre Nguyên Van Nhon, viennent de leur côté renforcer la présence asiatique au sein du collège des cardinaux. L'évêque de Tonga, Mgr Soane Patita Paini Mafi, sera, lui, le premier cardinal issu de l'archipel océanien des Tonga. Il sera aussi, à 53 ans, le cardinal le plus jeune au sein du collège.

L'archevêque de Montevideo, Mgr Daniel Fernando Sturla Berhouet, l'évêque de David au Panama, Mgr José Luis Lacunza Maestrojuán, et l'archevêque de Morelia au Mexique, Mgr Alberto Suárez Inda, représenteront le continent latino-américain.

En revanche, aucun cardinal américain ou canadien n'a été nommé. Ce n'était pas nécessaire, «leur nombre étant déjà consistant et resté stable», a expliqué le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi. L'Afrique n'a pas été oubliée avec la nomination de l'archevêque de Santiago de Cabo Verde (Cap Vert), Mgr Arlindo Gomes Furtado, et d'Addis Abeba, Mr Berhaneyesus Demerew Souraphiel.

Un Sacré collège élargi

Le pape a également confirmé qu'il ne se sentait pas nécessairement lié par la tradition des sièges cardinalices, ces grandes villes ayant toujours eu un cardinal, à l'exemple de Bruxelles ou Venise, deux villes dépourvues de cardinaux. Le collège des cardinaux va également s'agrandir de cinq nouveaux membres, non électeurs, nommés par le pape en récompense de leur travail au sein de l'église. 

Le 14 février, le Sacré collège, assemblée des cardinaux, comptera donc au total 228 membres, dont 124 électeurs en cas de conclave (1). Parmi eux, 57 proviennent du continent européen, 17 d'Amérique du Nord, 19 d'Amérique latine (dont le Mexique), 15 d'Afrique, 14 d'Asie et trois d'Océanie.

(1). Après ce nouveau consistoire, 34 cardinaux électeurs auront été créés par Jean-Paul II, 60 par Benoît XVI et 31 par le pape François. Le 22 février 2014, lors du premier consistoire de son pontificat, le pape François avait créé 19 nouveaux cardinaux, dont 16 électeurs en cas de conclave.