Hongrie: nouvelle mobilisation contre le Premier ministre

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Plusieurs milliers de Hongrois manifestent contre le Premier ministre, Viktor Orban, à Budapest le 2 janvier 2015
Plusieurs milliers de Hongrois manifestent contre le Premier ministre, Viktor Orban, à Budapest le 2 janvier 2015 — Attila Kisbenedek AFP

Plusieurs milliers de Hongrois ont une nouvelle fois manifesté vendredi contre le Premier ministre, Viktor Orban, dénonçant ce qu'ils perçoivent comme la faillite de l'élite politique.

Les manifestants ont brandi des affiches condamnant M. Orban, dont la popularité a été sérieusement érodée ces derniers mois, malgré trois victoires électorales en 2014.

La foule, qui rassemblait autour de 5.000 personnes selon les estimations d'un photographe de l'AFP, a manifesté devant l'Opéra, à Budapest.

Les manifestants ont exprimé leur inquiétude concernant une politique qui, à leurs yeux, les éloigne de l'Occident et renforce les liens avec la Russie.

«C'est inquiétant de voir que le gouvernement Orban expose la Hongrie à l'influence russe», a confié à l'AFP Robert Gombkoto, un gérant de 61 ans, citant l'exemple d'un prêt de 10 milliards d'euros que la Russie a accordé à la Hongrie pour l'extension de ses centrales nucléaires.

D'autres ont évoqué leurs craintes face à la politique gouvernementale de centralisation en matière d'éducation ou d'administration publique.

«Dans tous les aspects de notre vie, nous avons peur d'un retour à un système centralisé comme celui que nous avions sous le communisme et contre lequel ma génération s'est révoltée», a expliqué à l'AFP Eva Bari, une enseignante de 53 ans.

Les manifestants ont aussi vivement critiqué l'élite politique qui dirige le pays depuis la chute du communisme, il y a 25 ans.

«Nous condamnons les partis des 25 dernières années. (...) On ne peut pas attendre de l'Etat qu'il pense à notre place», a lancé à la foule Zsolt Varady, l'un des organisateurs de ce rassemblement.

Des manifestations secouent la Hongrie depuis octobre après que le gouvernement conservateur de M. Orban a proposé une taxe sur l'usage d'internet. Ce projet a depuis été abandonné.

Mais les manifestations régulières contre la corruption et le rapprochement de M. Orban avec le président russe Vladimir Poutine maintiennent la pression sur le tout-puissant dirigeant de droite.

Les organisateurs ont appelé à une autre manifestation le 1er février, à la veille de la visite de la chancelière allemande, Angela Merkel, à Budapest.