Accord de paix avec Israël: Le Conseil de sécurité de l'ONU dit non à une résolution présentée par les Palestiniens

PROCHE-ORIENT La France soutenait le texte...

20 Minutes avec AFP

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Le Conseil de sécurité de l'Onu, le 22 décembre 2014 à New York
Le Conseil de sécurité de l'Onu, le 22 décembre 2014 à New York — Don Emmert AFP

Le Conseil de sécurité des Nations unies a rejeté mardi une résolution palestinienne portant sur un accord de paix avec Israël, au sujet de laquelle les Etats-Unis avaient exprimé leur opposition bien avant le vote. La résolution a recueilli 8 voix pour, deux voix contre et cinq abstentions, alors qu'elle devait réunir 9 voix, sur les 15 du Conseil, pour être adoptée. 

La France, la Chine et la Russie, tous trois membres permanents du Conseil, ont apporté leur soutien à la résolution. L'Australie et les Etats-Unis, proches alliés d'Israël, ont voté contre. Cinq pays, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus. Le texte prévoyait notamment un accord de paix d'ici douze mois et le retrait israélien des Territoires occupés avant fin 2017.

Les Etats-Unis n'ont pas eu besoin d'exercer leur droit de veto

Les Palestiniens avaient apporté lundi des modifications à leur projet qui prévoit Jérusalem-Est, occupée et annexée, comme capitale d'un Etat palestinien, le règlement de la question des prisonniers palestiniens, l'arrêt de la colonisation israélienne et rappelle le caractère illégal du mur de séparation. «Cette résolution encourage les divisions et non un compromis», a déclaré l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power.

Elle a défendu la position américaine qui est de favoriser des pourparlers directs, estimant que «la paix viendra de choix et de compromis difficiles à atteindre à une table de négociations». Avant elle, lundi et mardi, Jeffrey Rathke, un porte-parole du département d'Etat, avait estimé que le calendrier fixé par le texte «posait des délais arbitraires» et souligné «l'inquiétude» des Etats-Unis au sujet de la sécurité d'Israël.

Les Etats-Unis n'auront donc pas eu besoin d'exercer leur droit de veto, dont ils se sont souvent servis pour bloquer des résolutions défavorables à Israël. Un veto américain risquait de provoquer la colère des pays arabes alliés des Etats-Unis dans la coalition qui combat les djihadistes de l'Etat islamique en Syrie et en Irak. L'Argentine, le Tchad, le Chili, la Jordanie, le Luxembourg ont rejoint la France, la Chine et la Russie en faveur de la résolution.

Les Palestiniens regardent vers la Cour pénale internationale

La Lituanie, la Corée du Sud et le Rwanda se sont abstenus, comme le Royaume-Uni. Le Nigeria, qui devait soutenir la résolution, a changé d'avis à la dernière minute et s'est abstenu, selon des sources diplomatiques. La France a soutenu le texte «poussée par l'urgence à agir», a affirmé devant le Conseil son ambassadeur François Delattre, exprimant sa déception que les efforts pour négocier un texte susceptible de faire consensus aient échoué.

Depuis Bruxelles, la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini a estimé que le résultat du vote soulignait «une fois de plus l'urgence d'une reprise de véritables négociations entre les parties et la nécessité pour la communauté internationale de se concentrer sur des résultats concrets» pour parvenir à un accord final. Les responsables palestiniens se réuniront mercredi pour décider de la suite à donner au vote, a précisé Mansour.

Les Palestiniens avaient dit qu'en cas de rejet de leur résolution ils chercheraient notamment à rejoindre la Cour pénale internationale afin d'y mettre Israël en accusation pour crimes de guerre à Gaza.