VIDEO. Arabie Saoudite: deux militantes inculpées pour terrorisme car elles souhaitent conduire

FEMINISME Deux femmes jugées comme terroristes car elles ont revendiqué le droit de tenir un volant en Arabie Saoudite…

A.C. avec AFP

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 Loujain al-Hathloul brave les autorités saoudinennes dans sa voiture le 30 novembre 2014
Loujain al-Hathloul brave les autorités saoudinennes dans sa voiture le 30 novembre 2014 — Loujain al-Hathloul/AP/SIPA

Arrêtées pour conduite en état de femme. Deux militantes ont été inculpées pour terrorisme en Arabie Saoudite parce qu’elles avaient revendiqué le droit pour les femmes de tenir un volant. Le pays est le seul au monde à interdire aux femmes de conduire.

Loujain Hathloul avait été arrêtée le 1er décembre après avoir tenté d'entrer en Arabie saoudite au volant de sa voiture en provenance des Emirats arabes unis, bravant une interdiction dans le royaume saoudien, seul pays au monde à interdire aux femmes de conduire. Une journaliste saoudienne basée aux Emirats, Maysaa Alamoudi, qui était allée à la frontière pour soutenir sa compatriote, avait également été arrêtée.

Leur cyber activisme est visé

Les activistes, qui ont rapporté l'information jeudi sur la saisine d'un tribunal «antiterroriste», n'ont pas été en mesure d'indiquer les charges susceptibles d'être retenues contre les deux Saoudiennes. Ils ont cependant expliquer que les investigations semblaient se concentrer autour de leurs activités sur les réseaux sociaux, plutôt qu'autour de leurs revendications pour le droit de conduire.

Loujain Hathloul est suivie par 229.000 personnes sur Twitter. Maysaa Alamoudi est suivie par 131.000 personnes et a animé un programme sur YouTube concernant l'interdiction faite aux femmes de conduire en Arabie saoudite.

L'Arabie saoudite a été listée parmi les « ennemis d'internet » par Reporters sans frontières (RSF) qui ne cesse de dénoncer une « censure implacable », alors que, ces dernières années, « s'était développée une certaine forme de liberté d'expression ».

En octobre, des dizaines de femmes avaient posté des images d'elles en train de conduire. Le ministère de l'Intérieur avait alors annoncé qu'il appliquerait « strictement » toutes les mesures nécessaires à l'encontre de ceux qui mettent en péril « la cohésion sociale ».